Un auteur, trois questions : l'Agence vous propose de découvrir régulièrement des écrivains, illustrateurs, traducteurs... qui vivent et travaillent en Provence-Alpes-Côte d'Azur.


Exceptionnellement, ce n'est pas à un auteur mais à un couple écrivain/traductrice que nous avons adressé nos trois questions.

Né en 1938 à Marseille, Claude Merle est historien de formation. Il a publié plus de 120 ouvrages, principalement des romans historiques pour adultes et ados, chez plusieurs éditeurs.
Il écrit pour la jeunesse sous divers pseudonymes dont Renaud Paris, Patrick Bruno et David Hudson. Après une tranche de vie parisienne, il s'installe à Aix-en-Provence il y a deux ans avec sa femme, Gaëlle Merle, traductrice et comédienne.

Formée aux langues étrangères (anglais-espagnol), Gaëlle Merle a d'abord été enseignante d'anglais, avant de se consacrer à la traduction et d'apprendre le métier de comédienne. Passionnée par la littérature et le langage, elle continue de partager son temps entre ses activités théâtrales et littéraires.


Quels types d'ouvrages avez-vous écrits/traduits ?

Claude : À la faculté des sciences humaines d'Aix, mes professeurs se nommaient Georges Duby et André Chélini. Leur enseignement a nourri ma passion de l'histoire médiévale. Mes livres s'en inspirent. De Charlemagne (Les Guerriers de Fer, Nouveau Monde éditions) à Louis XI (La Guerre des Princes, Hachette éditions), j'ai écrit une centaine d'ouvrages historiques, romans et essais. Mes projets en cours : les Mémoires d'Aliénor d'Aquitaine et une vie de Guillaume le Conquérant.

GaëlleJ'aime lorsque la traduction permet de donner une nouvelle vie à une œuvre, comme celle de Byron (19e siècle) par exemple (Caïn, inédit en Français lorsque je l'ai traduit, Manfred dont j'ai fait une nouvelle traduction, les deux pour les éditions Allia), ou plus récemment, Spoon River d'Edgar Lee Masters (début 20e). Spoon River est un recueil de monologues qui donne la parole à des personnes d'outre-tombe. Les défunts d'un village peuvent ainsi s'exprimer : de la modiste au juge, en passant par des artisans ou une fillette. Le registre de langue, la façon de parler varie d'un habitant à l'autre : un défi et un régal à traduire. L'envie d'en faire une nouvelle traduction est née lorsque j'ai abordé ces textes en anglais comme comédienne et je suis heureuse qu'Allia ait choisi de la publier.


Quelle est votre actualité littéraire ?

Gaëlle : Je n'ai pas de projet de traduction (littéraire) en cours. En revanche, je travaille à l'écriture d'un recueil de nouvelles. Comme comédienne, je me prépare pour le festival Off d'Avignon 2020 où je jouerai le rôle de Femme 1 dans Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute dans une mise en scène d'Alain Prioul.

Claude : La parution prochaine, chez Auzou Éditions, d'un ouvrage sur le mythe des Amazones, intitulé Les Guerrières d'Arès. Ce mythe, qui apparaît pour la première fois dans l'Iliade, a enchanté trois mille ans de croyances et de rêves. Homère appelle les Amazones Antianeirai (équivalentes aux héros). Effectivement, les guerrières d'Arès interviennent dans la plupart des épopées héroïques : sous les murs de Troie, la reine Penthésilée affronte Achille. Héraclès conquiert la ceinture de la reine Hippolitè après une lutte sanglante. Bellérophon combat l'armée invincible des Antianeirai monté sur Pégase, le cheval ailé qui le met hors d'atteinte de leurs redoutables archères. Alexandre le Grand s'éprend de Thalestris, qualifiée d'Amazone. La légende est si puissante qu'elle finit par envahir la réalité au point que, dès l'Antiquité, certains chercheurs tentent de prouver l'existence historique de ces guerrières. Pour ma part, je m'en tiens au mythe, belle source d'inspiration pour un roman.


Quel est le livre qui vous a le plus marqué ?

Claude : Le Grand Meaulnes, d'Alain Fournier. J'avais quinze ans, l'âge d'Augustin Meaulnes, quand je l'ai lu pour la première fois, et je ne m'en suis pas remis. Cette histoire bouleversante de l'enfance perdue me hante toujours par sa magie. Ma scène préférée est celle de la fête des Sablonnières, la rencontre fugitive entre Augustin et Yvonne de Galais. Un récit subtil entre rêve et réalité.

Gaëlle : Malicroix d'Henri Bosco. J'avais 11 ans, je crois, lorsque je l'ai découvert. Il m'a communiqué force et inspiration. La poésie de la langue, l'importance de la nature, la puissance des éléments, le fleuve, l'amitié avec ce garçon qui me semblait tellement libre… J'ai envie de le relire car si j'ai en mémoire des images, des sensations, l'histoire s'est évanouie avec le temps.

Accès directs :