Un(e) auteur(e), trois questions : ainsi le blog Dazibao vous propose de découvrir régulièrement des écrivains, illustrateurs, traducteurs... de la région Paca.

 

En ce début d'année, nous avons demandé à Jean-Baptiste Andréa - réalisateur, scénariste et écrivain varois - de se prêter au jeu du "3 questions à...".
Avec son premier roman Ma reine (éd. L'Iconoclaste, 2017), il a remporté plusieurs prix littéraires, dont le prix du Premier roman et le Prix Femina des lycéens.


Quel est le livre que vous avez commencé, puis laissé de côté, puis recommencé, mais toujours pas fini ? Et pourquoi ?

Il y a un seul livre qui corresponde à cette description, mais il y correspond bien : L'Île du jour d'avant d'Umberto Eco. J'adore Umberto Eco. Je le vénère. J'aime même ses livres un peu ennuyeux. Mais avec celui-là, je crois qu'il a râté son coup, qu'il n'a pas réussi à maintenir cette tension narrative qu'il parvient à créer même dans ses romans les plus complexes. J'arrive en général à lire 200 pages et tout d'un coup,  il me tombe des mains, c'est le mur. Mais parce que c'est Umberto Eco je recommence des années après, les 200 premières pages je me dis « ça marche, j'y arrive », je vais même 40 pages plus loin et là, encore le mur. Entre L'Île du jour d'avant et moi l'histoire n'est pas finie. Je compte réessayer. C'est le seul roman d'Eco que je n'aie pas lu. Peut-être que je ne suis pas assez intelligent, je ne suis pas sûr qu'il faille accuser le livre…


Si vous ne deviez en garder qu'un seul... Lequel et pourquoi ?

Je ne garderai jamais UN livre. Mais je pense que la question est intéressante, car on la pose souvent, et j'y réponds donc de travers en refusant intentionnellement son aspect joueur. Garder UN livre, c'est du fanatisme. D'ailleurs si quelqu'un ne jure que par un livre, c'est en général un livre religieux, peu importe son bord. Garder UN livre, c'est impossible, c'est ne pas aimer lire, c'est être resté figé à un instant de sa vie. Un livre peut nous marquer, bien sûr, mais nous évoluons, nous changeons, les livres que nous lisons changent avec nous. Chaque livre que j'adore est LE livre, puis je passe au suivant. On ne devrait pas pouvoir répondre à cette question.


Quel est le livre qui vous a fait le plus rire ? Et pourquoi ?

Le livre qui m'a fait le plus rire, c'est Mangeclous d'Albert Cohen. Mais comme je l'ai lu il y a très longtemps, je ne sais plus pourquoi et suis incapable d'argumenter. Je me rabats donc sur The Bear Went Over the Mountain de William Kotzwinkle (L'Ours est un écrivain comme les autres). Si on n'est pas là dans la grande littérature, c'est une observation assez fine et sarcastique du côté "business" des industries créatives, comme la littérature et le cinéma. Connaissant les deux, puisque j'étais scénariste et réalisateur avant d'être écrivain, j'ai doublement marché.

 

[photo : Vinciane Lebrun-Verguethen]

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Ma reine

Ma reine « Grâce à Viviane j'étais devenu immense, j'avais touché le ciel d'une main et la terre de l'autre. Le monde avait retrouvé sa reine et c'était grâce à...

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