Un auteur, trois questions : l'Agence vous propose de découvrir régulièrement des écrivains, illustrateurs, traducteurs... qui vivent et travaillent en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Née en 1968 à Nice, Michèle Pedinielli est "montée à la capitale" pour devenir journaliste puis conceptrice de sites web et community manager. Aujourd'hui, elle met en scène sa ville d'enfance et de cœur dans des polars engagés dans lesquels elle a délibérément choisi l'humour pour dire son indignation. Elle a reçu le prix Lion Noir en juillet 2019 à l'occasion du 17salon du livre policier Week-end Noir à Neuilly-Plaisance.


Quelle est votre actualité ou projet en cours ?

Après les chiens, mon deuxième roman, vient de sortir à l'Aube noire. C'est une suite de Boccanera où l'on retrouve les personnages de ce premier polar qui se passe toujours à Nice, avec une incursion dans la vallée de la Roya. 

Au printemps 2017, Ghjulia "Diou" Boccanera découvre, à Nice, le corps d'un jeune Érythréen roué de coups et se retrouve en même temps chargée par la mère d'une jeune fille disparue de retrouver celle-ci. Diou va mener les deux enquêtes de front, avec sa dose d'inconscience habituelle. En parallèle démarre le récit d'un jeune garçon, qui commence en septembre 1943, quand l'armée italienne quitte précipitamment les Alpes-Maritimes en laissant la place aux Allemands. Ce tout jeune homme raconte comment il guide à travers la montagne des personnes qui fuient la barbarie nazie. 

C'est un livre qui parle de frontière et de la nécessité de la franchir pour sauver sa vie. 


Vous êtes passée de l'écriture journalistique à la fiction. Quel a été l'élément déclencheur ?

Après avoir été journaliste, je suis devenue conceptrice de sites web puis formatrice à l'École des métiers de l'information pour des journalistes désireux de passer sur le web. Donc, après avoir écrit sur des faits dans un calibre prédéfini et selon une ligne éditoriale établie, je me suis éloignée de la rédaction pour passer à des process. J'ai bridé mon imagination pendant très longtemps.

En 2015, j'ai participé à un concours de nouvelles noires organisé par le festival Toulouse polars du Sud. Première fiction aboutie qui a été lue par des inconnus et a été appréciée, puisque je suis arrivée dans le trio de tête. Remise de prix sur place, émotion, rencontres… Puis des amis bien intentionnés m'ont demandé : « Pourquoi tu n'écris pas plus long ? ». Bien sûr, c'était tellement évident… 

Quelques semaines après, j'ai dû accepter un poste d'un an en région parisienne alors que j'habite Nice. Mes insomnies ont conduit à Boccanera.


Quel est le livre qui vous a le plus fait rire ?

Ils sont deux à m'avoir fait pleurer de rire et sont écrits par le même auteur : L'Agneau et Le Lézard lubrique de Melancholy Cove de Christopher Moore. Le premier raconte la véritable histoire de Jésus entre sa naissance et ses 33 ans (période mal connue de l'histoire), racontée par son meilleur pote Biff. Cette espèce d'Évangile selon saint Biff lorgne vers le délire des Monty Python. Quant au lézard lubrique, il s'agit d'un monstre marin réveillé par un séisme et qui émerge dans la petite bourgade de Melancholy Cove pour (entre autres) tomber amoureux d'une caravane Airstream dont l'érotisme intense le met en surchauffe.  

Ce sont des livres que je conseille régulièrement à qui traverse un petit état dépressif. 

Sinon, Le Guide du voyageur galactique  a réussi un jour à me faire hurler de rire dans une rame de métro bondée. Et rien que pour ça, merci Douglas Adams.

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