Un(e) auteur(e), trois questions : l'Agence donne ainsi la parole à des écrivains, illustrateurs, traducteurs... installés en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Auteur pour la jeunesse, conteur, et raconteur d'histoires, Pierre Delye vit et travaille à Arles.

Né en 1968 dans le nord de la France, Pierre Delye est l'auteur d'une vingtaine d'albums publiés aux éditions Didier Jeunesse. Depuis plus de 25 ans, il conte en France et à l'étranger (Algérie, Maroc, Tunisie, Congo, Liban, Québec...), pour tous les âges et en tous lieux. Dans les écoles, collèges, lycées, universités, hôpitaux ou prisons, dans les théâtres ou les festivals, pour les enfants, les familles ou les adultes... partout où il se trouve, il raconte.


Quelle est votre actualité littéraire ?

Chez Didier Jeunesse, vient de sortir Petite Poule Rousse et le Rusé Renard Roux illustré par Cécile Hudrisier. C'est mon neuvième livre avec elle et je suis toujours aussi ravi, surpris par son travail et de voir à quel point nous sommes complémentaires. C'est un bonheur lorsque l'on écrit un album d'imaginer en même temps quelles pourraient en être les illustrations. Moi je ne peux pas m'en empêcher, c'est même indispensable pour bien penser le rapport entre le texte et l'image et j'aime ça comme un metteur en scène verrait déjà son film en l'écrivant. Cela va tellement avec mon travail sur la langue, la musicalité de la parole ! Car un de mes grands plaisirs, une belle fierté même, c'est de donner à lire en famille (ou à l'école ou en médiathèque) : les mots écrits sont dits et les illustrations sont montrées, regardées ensemble. Et c'est beau que cela soit ensemble. J'ai fait neuf livres avec Cécile Hudrisier et j'ai hâte d'en faire un dixième ! Et je vous le dis, cette 2e Poule Rousse dépote avec son #balancetongoupil !

Je suis en train de finir aussi le 2e tome de Groléfant et Tit'Souris. Le premier, illustré par Ronan Badel, est sorti l'an passé chez Didier Jeunesse et cela me réjouit de retrouver ces deux personnages qui me permettent de raconter des tas de blagues et de contes philosophiques tout en abordant un sentiment très délicat qui est celui de la tendresse. Un sentiment qui se retrouve dans chaque histoire, ce qui me plaît énormément.

Et sinon, j'ai quelques romans qui m'attendent mais comme je dois aussi créer un conte en 5 épisodes pour le festival "Paroles de conteurs" à Vassivière en août (de cette année) et que je dois finaliser mon prochain spectacle de contes pour adultes ("Jours noirs et nuits blanches")... en fait, je suis un peu occupé en ce moment. Heureusement que je ne travaille pas tout le temps !


Le livre qui vous a marqué quand vous étiez enfant ?

Tout Asterix. Le vrai, celui avec Goscinny (désolé pour les suivants, je n'ai aucune objectivité dans ce domaine). Combien de fois les ai-je lus ? Impossible de le savoir. Un de mes préférés est quand même Asterix en Corse. La finesse de l'humour, son intelligence, l'élégance du dessin, la quantité d'intelligence semée ici ou là (partout en fait) dans chaque livre, c'est énorme. La première fois où je suis allé à l'étranger avec un groupe de Français, j'ai vraiment compris à quel point Goscinny était un observateur, un sociologue et un homme drôle : ce voyage m'a replacé dans Asterix aux jeux olympiques. Je me souviens d'avoir pleuré quand il est mort : j'avais 9 ans et je trouvais que c'était pas juste ! impossible ! Mais non ! Car il n'allait plus y avoir de nouveaux Asterix (ni Oumpah Pah, ni Petit Nicolas, Lucky Luke, les dingodossiers...). Bref, il n'avait pas le droit de mourir ou plutôt, on n'avait pas le droit de l'avoir fait mourir.

J'ai lu des Asterix à voix haute à mes fils et, en le faisant, j'ai découvert ou redécouvert, allez savoir, certaines blagues ou jeux de mots : Il était fort Goscinny, il écrivait aussi pour les oreilles !

"Il est tellement bête qu'on aurait le temps de tuer son âne à coup de figues molles avant qu'il ne comprenne quelque chose" (citation, approximative je le crains, d'Asterix en Corse).


Le livre qui vous a fait le plus rire ?

Il y en a tellement !

Puisqu'il en faut un : Masquerade de Terry Pratchett.

Encore un qui m'a fait pleurer quand il est mort ! La mort des gens drôles a souvent cet effet : c'est tellement pas drôle justement.

Masquerade fait partie du cycle des "Annales du Disque-Monde". C'est un des romans avec les sorcières. Lisez Terry Pratchett ! Avec Goscinny, c'est un de mes maîtres, un de mes modèles : la preuve irréfutable et sans cesse redemandée que oui, cela peut être très intelligent, documenté, réfléchi et drôle ! Les livres de Terry Pratchett m'ont fait rire à voix haute, c'est quelque chose quand même de se marrer à voix haute tout seul dans le train avec soudain les autres passagers qui se retournent pour essayer de comprendre !

Dans celui-ci, il y a une des sorcières, auteure d'un livre de recettes, qui s'appelle Nounou Ogg et c'est à tomber à la renverse.

Comme pour Asterix, Terry Pratchett ne s'épuise pas à la première lecture et ça, c'est le signe des plus grands, non ?

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couverture du livre Caprices  C'est fini !

Caprices C'est fini !

Le roi, excede par les caprices de sa fille, decide de la marier... S'ensuivent des epreuves hautes en couleurs qu'un jeune bUucheron reussira a la grande surprise de tous....

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