Le poivre d'âne, ou sarriette, plante aromatique vivace à laquelle on prête des vertus aphrodisiaques, est aussi le nom de la nouvelle librairie de La Ciotat.

 

Quelle chance ! Enfin, La Ciotat voit arriver une librairie-librairie. Les livres n'étaient pas totalement absents dans cette ville de 32 000 habitants mais entre librairie-maison de la presse et librairie-papeterie, ils cherchaient une place bien à eux, celle que “Au Poivre d'âne” leur offre avec 7 000 volumes en stock.

Au cœur de la vieille ville, une ruelle étroite serpente de la rue des Poilus, axe commercial important, à la place Évariste Gras où les ciotadens viennent au cinéma, à la bibliothèque, à la Poste et au marché le mardi matin. Il s'agit de la rue des Frères Blanchard, aux diverses devantures. On y aperçoit aujourd'hui une enseigne en forme de livre ouvert, simple et attirante. En passant le seuil de ce lieu modeste de 50 m2, les effluves de bons crus littéraires nous happent. La littérature générale s'offre en entrant. De-ci de-là, les coups de cœur parsemés font tourner la tête ! Le lecteur avance en flânant vers les mangas, les BD et le rayon jeunesse. Arrivé au fond du refuge, on savoure la qualité du choix des collections de poche. Chacun peut ici élire sa cuvée.

Cette belle sélection émane d'une libraire passionnée et attentive. Alsacienne d'origine, Valérie Ehrhardt descend de la montagne provençale : elle arrive tout droit de la librairie Au Poivre d'âne de Manosque.
Forte d'une solide expérience dans les métiers du livre – bibliothèque, maisons d'édition puis librairie – cette professionnelle a trouvé sa place.

Sur le modèle des librairies Folies d'encre de Montreuil et de Saint-Denis, Au Poivre d'âne de Manosque a offert son enseigne à La Ciotat. Aucun lien capitalistique entre les deux “Poivre”, mais une confiance et une mutualisation des moyens pour que le livre puisse rayonner dans la région.
Ceux qui connaissent si bien le paysage de la librairie, qui cheminent des unes aux autres, les représentants si discrets et dont on parle si peu, ce sont eux qui ont le plus défendu le projet. Dès le départ, ils ont été convaincus de sa viabilité et ils ont soutenu la future libraire à chacune des étapes, jusqu'à l'aider à négocier au mieux ses commandes d'implantation.

Déjà inscrite dans le réseau professionnel en tant que nouvelle vice-présidente de l'association Libraires du Sud et affiliée au groupement Initiales, la libraire a accueilli Dominique Mainard le 9 juin dernier, jour de l'ouverture. Les ciotadens qui jetaient un œil à la devanture depuis plusieurs semaines se sont déplacés en nombre pour cette première rencontre littéraire. Au Poivre d'âne sur mer démarre en beauté ! Et comme cette libraire souhaite provoquer le dialogue et les rencontres, dès la fin juin - soit trois petites semaines après l'ouverture - elle ressortait un vin blanc d'Alsace pour l'inauguration. Thierry Magnier, parrain de la librairie, clamait sa joie d'être là, touché de rendre un soutien bien mérité à cette jeune femme qui 9 ans plus tôt avait défendu ses premiers titres d'éditeur au salon du livre de Jeunesse d'Aubagne.

En 1895, les Frères Lumières réalisaient leurs premières prises de vue avec L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat. Dira-t-on un jour, qu'en 2007, le livre aussi y fit une nouvelle entrée ?

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