L'Inspection générale des bibliothèques (IGB), créée en 1822 pour veiller sur les bibliothèques publiques issues des confiscations révolutionnaires, est rattachée depuis octobre 2019 à la nouvelle Inspection générale de l'Éducation, du Sport et de la Recherche (IGESR). 

Son programme annuel est fixé conjointement par les ministères de l'Enseignement supérieur et de la Culture. Ses principales missions concernent l'évaluation et le contrôle des établissements d'enseignement supérieur et de recherche (ESR), des bibliothèques territoriales et des structures publiques relevant du ministère de la Culture ou d'autres départements ministériels. Elle assure également la présidence de jurys aux concours de recrutement des bibliothèques.

Des missions d'études et d'enquêtes thématiques lui sont également confiées, qui donnent alors lieu à la publication de rapports, dont deux sont parus au premier trimestre 2021.

 

"Construire des parcours documentaires et culturels pour les lycéens et étudiants de licence. Les enjeux de la coopération entre bibliothèques territoriales, universitaires et centres de documentation et d'information" (Françoise Legendre, Alain Brunn, Élisabeth Carrara, Philippe Marcerou)

Ce premier rapport met en lumière une insuffisante coordination entre les divers types d'établissements de lecture et de documentation. 

En effet, malgré un nombre important de bibliothèques publiques (BP), universitaires (BU) ou scolaires (CDI), des inégalités territoriales demeurent, tant sur le plan de l'accès que de la qualité des services, créant une disparité au sein du public estudiantin. Pourtant, la solidité des parcours documentaires et culturels mis à la disposition des lycéens et des étudiants, ainsi que les modalités de coopération entre établissements constituent un enjeu majeur. 

Le rapport établit donc treize recommandations pour l'amélioration des dispositifs existants et la réduction de ces inégalités, notamment :

  • La prise en compte systématique de la dimension territoriale dans les politiques publiques ayant trait à l'évolution du tissu des structures documentaires (distances, transports, diagnostics temporels, etc.), qui doit mener à une meilleure coordination de toutes les bibliothèques afin de proposer aux lycéens et aux étudiants de premier cycle des horaires d'accès suffisamment étendus et adaptés à leur planning.
  • L'identification de tous les obstacles susceptibles de freiner la fréquentation et l'usage des diverses bibliothèques par ces publics. Des conventions entre universités et collectivités territoriales introduisant une gratuité réciproque d'inscription sont à encourager comme, de manière générale, la formalisation des actions collaboratives entre CDI, BP et BU.
  • Plus largement, la signature de conventions-cadres est souhaitable, qui définissent au niveau local les axes et les modalités de coopération documentaire entre collectivités territoriales, universités et Éducation nationale.
  • La formation commune des personnels des diverses structures, tant initiale que continue, doit faire l'objet d'une réflexion, car elle est souvent manquante, voire inexistante.


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"La prise en compte des handicaps dans les bibliothèques de l'enseignement supérieur et dans les bibliothèques territoriales" (Olivier Caudron, Juliana Rimane, Fabrice Wiitkar)

Ce second rapport éclaire les actions ainsi que les lacunes concernant l'accueil des personnes en situation de handicap dans les bibliothèques territoriales et celles de l'enseignement supérieur. Douze millions de Français sont concernés, c'est pourquoi la loi handicap de 2005 a introduit la notion d'accessibilité universelle, notamment au sein des établissements publics. 

Selon le rapport, de nombreuses initiatives et projets sont menés à bien afin d'améliorer l'accueil et l'accès de ces publics dits "empêchés" dans les bibliothèques. Cependant, des inégalités persistent, que ce soit au niveau territorial ou bien entre structures. En effet, la prise en compte des handicaps repose généralement sur l'investissement personnel d'un ou de plusieurs professionnels, alors que la réception de tous les publics doit être au cœur du service offert par chaque bibliothèque.

Ainsi, vingt-sept préconisations visant à remédier à ces questions sont détaillées, qui sont regroupées en quatre grands thèmes :

  • une édition accessible et adaptée ;
  • la formation ;
  • l'organisation ;
  • l'impulsion nationale.

Et de bonnes pratiques doivent désormais être systématisées :

  • la sensibilisation à la dimension du handicap dès la formation initiale ;
  • une formation continue commune aux personnels des différents types d'établissements ;
  • la mise en place d'un référent dans chaque bibliothèque ;
  • la création d'un schéma pluriannuel d'accessibilité ;
  • la collaboration avec les services dédiés.

Un groupe de travail interministériel (Enseignement supérieur et Culture) doit être réuni afin de définir un plan d'action national pour les bibliothèques en matière de handicap.

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