Élodie Durand est autrice de bande dessinée et illustratrice pour l'édition jeunesse. Récompensée par plusieurs prix, elle est installée depuis moins d'un an à Marseille, où elle a définitivement intégré l'Atelier des Héros après une période de résidence.


Le côté "débrouille" de Marseille lui rappelle Lisbonne, où elle a vécu plusieurs années et où elle a vu émerger une dynamique artistique croissante. Depuis son arrivée dans la cité phocéenne, elle prend le temps de connaître la ville et d'en découvrir les acteurs, les ateliers et les lieux emblématiques.

Élodie tient un carnet pour y consigner ses découvertes, en garder une trace. C'est pour elle un espace d'écriture spontanée, automatique, sans autocensure. Elle possède aussi un carnet de dessins, sorte de registre de notes et d'idées. Il lui arrive également de travailler sur des feuilles libres à des dessins spontanés, libérant ses perceptions et ses sentiments.

« Je pars toujours du dessin. La plupart du temps, ce sont les émotions et les expressions. C'est du trait. Quand j'étais enfant, c'était déjà le cas. Si j'étais en colère contre quelqu'un ou si j'avais quelque chose à dire, je pouvais gribouiller et j'allais glisser cela sous la porte. »

Ses références, de l'enfance à aujourd'hui, sont multiples : Félix Vallotton, Tomi Ungerer, Roland Topor, notamment. Enfant, elle était fan de Thorgal, a passionnément aimé Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, et L'Histoire sans fin de Michael Ende. Côté bande dessinée, elle cite Frederik Peeters pour Pilules bleues, Gipi, Pascal Rabaté, Will Eisner, Claire Bretécher, Anne Baraou ou encore Chloé Cruchaudet. Tout ce qu'elle lit et voit vient nourrir ses projets, toutes les formes de narration l'aident à élaborer ses récits.


« J'avais des choses à raconter, et la meilleure façon de le faire, c'était la bande dessinée. »


Titulaire d'une licence en arts plastiques de l'université Paris VIII, Élodie a notamment réalisé des peintures murales pour l'hôpital d'Argenteuil. Elle se forme ensuite à la bande dessinée et à l'illustration à l'École des arts décoratifs de Strasbourg. Diplômée en 2003, elle a été l'élève de Claude Lapointe, Joseph Béhé et Christian Heinrich.

En 2010, elle publie chez Delcourt La Parenthèse, qui a reçu plusieurs récompenses, dont le prix des lecteurs de Libération et le prix Révélation du 38festival d'Angoulême. Dans cette bande dessinée autobiographique, Élodie raconte son combat contre la maladie, une douloureuse parenthèse de vie de quatre ans.

L'illustratrice vient de terminer le roman illustré À L'Aventure !, 7tome de la série Les Grandes Années réalisée depuis deux ans en collaboration avec l'auteur Gaël Aymon. À destination des enfants de 7 à 11 ans, ces histoires mettent en scène cinq personnages récurrents, une bande de copains auxquels Élodie s'est attachée au fil des épisodes. Elle prend un réel plaisir à retrouver ces personnages et à les dessiner dans des aventures nouvelles. Sauve la planète !, le 6tome, a paru en mai 2019 chez Nathan.


« Pour dessiner et raconter quelque chose, il faut le comprendre, cela passe par la documentation. »

 

Depuis plusieurs mois, Élodie travaille à un nouveau projet de bande dessinée, Transition, initié lors d'une résidence à la maison de la bande dessinée de Blois. Il s'agit d'un récit de fiction d'après une histoire vraie, qui raconte l'expérience intime d'une mère, Anne, face à son enfant transgenre. Cette idée est née d'une rencontre : « Là, avec Anne, on peut l'appeler Anne, après de nombreux échanges, j'ai su que c'était possible. Ce n'est pas facile de se confier. [...] Il faut qu'on ait envie de se voir, une confiance qui s'installe... »

Avec Transition, Élodie aborde le thème de l'identité, récurrent dans son travail. Mais elle explore surtout une façon nouvelle de travailler, entre témoignage et fiction. En effet, dans La Parenthèse, l'autrice avait besoin de reconstruire une réalité qui lui échappait ; la part fictionnelle y était donc infime.

Le travail en est au stade du chemin de fer, une étape qui devrait durer cinq à six mois. « C'est le moment qui me passionne le plus, il y a tout à inventer. Il y a plein de possibilités. »


L'Atelier des Héros ouvre ses portes les samedi 7 et dimanche 8 septembre 2019 : l'occasion de rencontrer Élodie Durand et de découvrir son travail, notamment sa série "Le Folherbier", constituée d'une centaine de petites images (12 x 12 cm) poétiques et pleines d'humour, mêlant dessin et collage (les dix premières ont d'ailleurs été exposées en décembre 2017 à la galerie lisboète Graça, qui organise chaque année une exposition d'œuvres de ce format, présentées dans des boîtiers de CD).

 

 

           Ela et Songe - Le Folherbier

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