Né en 1937 à Saintes (17) d'une famille de marins antibois, Jean-Marie Barnaud a toujours eu le goût du sud et de la mer. Après une enfance parisienne il arrive en 1958 “dans le Midi”, qu'il ne quittera plus ; la maison familiale où il vit se niche au coeur d'une pinède méditerranéenne de Mougins (06).

Jean-Marie Barnaud réserve à ses convives un accueil simple et généreux, un brin humoristique, auquel participe activement son chien Spip, du nom du logiciel libre utilisé par les rédacteurs de Remue.net (site de création littéraire et de critique cofondé en 2001 avec François Bon). Le meilleur ami de Spip, c'est le chat Spam… Une fantaisie qui révèle une réelle préoccupation du poète auquel les blogs, les mails, l'édition numérique posent un “problème de temps”. Comment concilier le rythme de l'écriture “à l'ancienne” et celui des nouveaux moyens de communication ?
Dans son petit bureau – un ancien poulailler retapé avec l'aide d'un ami – une bibliothèque exclusivement poétique occupe le moindre espace disponible, du sol au plafond. À portée de main se trouvent les “auteurs les plus proches, ceux auxquels [il] revient souvent” : Deleuze, Derrida, Blanchot… Bien entouré, Jean-Marie Barnaud peut s'adonner à l'écriture, qui “a toujours été là, même si la publication est arrivée tard”.

Après une année d'hypokhâgne à Nice en 1957-58, il fréquente l'Institut d'Études littéraires puis obtient le CAPES de lettres. Faute de poste sur la Côte d'Azur, il enseignera à Bastia.
Tout en poursuivant sa thèse sur André Suarez, il découvre alors la navigation, la paternité et la Corse, “un désert intellectuel où étaient invités des gens brillants” – il évoque notamment sa rencontre avec Michel Serres. Six années de bonheur qui l'ont marqué à vie : “J'ai aimé passionnément ce pays, je rêve souvent à la Corse”, confie-t-il avec émotion.  Sa carrière se poursuit à Grasse dans un lycée où il enseigne le français jusqu'à sa retraite. Bien que difficile, ce métier lui fait connaître de très grandes joies et en particulier celle de “donner aux élèves l'occasion de s'approprier le texte d'un autre”. Rare expérience qui “sauve toutes les heures médiocres”.

Avant d'être publié, Jean-Marie Barnaud envisage avec humilité sa future et hypothétique place d'écrivain. “Pour un prof, le passage à l'écriture pose toujours question : Comment moi, qui suis un petit monsieur, je vais aller mettre mes souliers dans les pas des Grands ?”. La parution de son premier livre, Sous l'écorce des pierres, en 1983, marque le début d'une longue collaboration avec les éditions Cheyne. Jean-François Manier et Martine Mellinette publieront ainsi toute son oeuvre poétique – quatorze titres au total. En 1991, il crée avec Jean-Pierre Siméon la collection Grands fonds dont il assure toujours la codirection. En parallèle, il écrit pour des revues – L'Atelier contemporain, Europe, Nu(e)… – et publie des romans, récits et nouvelles chez Gallimard, Verdier et L'Amourier.

Jean-Marie Barnaud assouvit aujourd'hui son besoin de transmission en animant des ateliers d'écriture, en donnant des lectures et des conférences, par exemple dans le cadre des “Lectures sous l'arbre” organisées chaque été en Ardèche par Cheyne. Il y développe son univers de prédilection qui reste bien sûr la poésie – dont celle de la fin du XXe siècle qu'il affectionne tout particulièrement – et son admiration pour certains auteurs – Claude Simon, Paul Celan, Joë Bousquet…
L'expérience littéraire n'a pas fini de faire vibrer cet amoureux des mots qui aime à se définir comme un “colporteur de vent”.

Derniers Titres parus de Jean-Marie Barnaud

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