Cheveux longs et bandeau, boucle d'oreille, clope au bec... Jean-Paul Delfino traverse la vie avec décontraction, assumant son style et ses choix en toutes circonstances. Avec la Provence pour attache et le Brésil pour patrie de cœur, cet écrivain mélomane et lusophone est l'auteur d'une vingtaine de romans, de plusieurs livres pour la jeunesse et de deux anthologies musicales qui font référence.

Né à Aix-en-Provence en 1964, Jean-Paul Delfino a grandi à Berre-l'Étang dans une famille de “profs”. Adolescent, il joue de la guitare pour séduire les filles (et ça marche !), mais dès lors qu'il découvre la bossa nova de João Gilberto, la musique prend une toute autre dimension : c'est une révélation, suprême et fondatrice, une “décharge électrique” qui va déterminer le reste de sa vie. “À l'âge où l'on cultive son jardin secret, le mien est devenu tropical sans que je le veuille.”

Il poursuit alors trois rêves de carrière : footballeur professionnel, professeur de français et écrivain. À coups de talent et de culot, il les réalisera tous. Le football d'abord : il joue en équipe de France (minime, cadet et junior) jusqu'à ce qu'une blessure au genou stoppe ses élans de sportif option cigarette. Devenu enseignant, il quitte l'Éducation nationale au bout d'un an par manque de conviction. Reste l'écriture...

Au terme de deux années à l'Institut de Journalisme de Bordeaux – où il pense n'avoir “rien appris” – il rédige par paresse un recueil de nouvelles en guise de mémoire de fin d'études... et devient major de sa promo. Une “première escroquerie” dont il reste très fier. S'ensuivent divers boulots de pigiste et une conclusion radicale : “Si on n'est pas Albert Londres, pas la peine d'être journaliste...”.

À 20 ans c'est le départ pour le Brésil, enfin, avec un projet éditorial bien précis, la bossa nova. Sa rencontre avec le pays relève de la magie : outre une sensation inexpliquée de retour chez soi, il apprend la langue en moins d'une semaine. Au cours des trois années sur place, il décroche des entretiens avec les plus grands (Gilberto Gil, Baden Powell de Aquino, etc.). Sitôt en France il publie Brasil bossa nova, et se lance ensuite dans une anthologie de la musique populaire brésilienne. Brasil : a musica paraîtra en 1998 – à point nommé pour la finale France-Brésil de la Coupe du monde de football !

Dans le même temps, Jean-Paul Delfino se frotte à la littérature : d'abord des romans noirs puis une trilogie brésilienne, vaste fresque historique entre Amérique du Sud, Europe et Afrique (au total une dizaine d'ouvrages parus chez Anne-Marie Métailié). Il affirme écrire pour émouvoir et prône “une littérature populaire” qui passe par les tripes. Toujours vraisemblables et documentées, ses histoires exigent un important travail de recherche – un comble pour celui qui a fui le journalisme et élevé en art de vivre son inclinaison pour le farniente.

Ce qui le sauve selon lui, c'est sa rapidité. Cette qualité lui a d'ailleurs permis d'écrire pour la radio, la télévision et dernièrement le cinéma (scénarios et pièces radiophoniques).

Jeune et idéaliste, il sera déçu par le milieu littéraire hexagonal. Il renoncera à côtoyer des Prévert, des Blaise Cendrars (autre écrivain amoureux de Marseille et du Brésil), des Claude McKay ou des Jorge Amado. Il garde toujours, malgré tout, une grande tendresse pour les auteurs “surprotégés” d'ici, auxquels finalement personne n'a demandé d'écrire...

Derniers Titres parus de Jean-Paul Delfino

couverture du livre De miel et de sake

De miel et de sake

Dans la foret d'Amazonie, sur la terre des Guaranis, le vieux chef, le cacique, ordonne a Anahi de rentrer en Europe. La jeune metisse doit trouver ce mythique parchemin qui...

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