Toulon. Le coin ressemble à un ancien quartier ouvrier, composé de petites maisons semblables : portail, garage, jardinet sur l'arrière. L'une d'elles, étroite, un peu sombre, abriterait donc une des étoiles montantes du thriller français ? Qui se cache sous l'enveloppe de cette tranquillité supposée ? Karine Giebel, auteur de romans policiers depuis 2004.
Elle confie ne pas beaucoup aimer parler d'elle-même. On la devine discrète et douce, en contraste avec l'univers de vengeance et de violence de ses romans. De cette dichotomie entre l'auteur et ses personnages on ne saura rien. Les histoires qu'elle crée appellent des blessures profondes qui se situent dans l'enfance ou l'adolescence de personnages féminins, rares dans l'univers du roman noir.

Karine Giebel écrit depuis toujours, amorces de romans, nouvelles et scenarii. Le noir domine toujours, bien qu'elle ne soit pas, alors, lectrice du genre. En 2004, elle décide de s'y mettre sérieusement. Le noir s'impose. Elle se sent bien, là, le revendique. Le polar autorise une certaine liberté. “Ce n'est pas un genre nombriliste. Il est résolument engagé, socialement, politiquement.”
Plus que tout, elle aime monter des intrigues, les construire, avancer des pions. Elle démarre une histoire, décrit un personnage et se laisse guider. Elle ne sait pas où elle va, rien n'est défini, réglé, arrêté. Parfois, elle se piège toute seule, se conduit dans une impasse d'où elle ne sortira que plusieurs jours plus tard, voire jamais. Elle garde ainsi des morceaux d'histoires non résolues.

  • « Je crois que le bonheur, c'est seulement quelques lignes au milieu d'un roman noir, parfois très noir... »


Rien pourtant ne la destinait à écrire des romans noirs, ni l'enfance paisible à La Seyne-sur-mer, ni une scolarité sans crise, ni des goûts littéraires classiques : Guy de Maupassant, John Steinbeck, Henri Troyat, Elsa Triolet… Des études juridiques et un intérêt appuyé pour le droit pénal et les sciences criminelles sont-ils à l'origine de ce choix ?
Faire lire ses textes fut un premier pas difficile. Ces deux premiers romans seront publiés aux éditions La Vie du Rail, dans la collection Rail Noir. Avec Terminus Elicius, elle obtient le Prix marseillais du Polar en 2005, et le Prix Intramuros avec Meurtres pour rédemption, en 2006. Dans ce dernier, elle dresse de l'univers carcéral un portrait d'une rare violence.
Elle rejoint Fleuve Noir en 2007 avec Les Morsures de l'ombre et confirme son talent d'écrivain dans ce thriller psychologique impossible à lâcher, huis clos étouffant, rythmé par une intrigue effrénée.

Karine Giebel est fonctionnaire territoriale à la communauté d'agglomération de Toulon. Aujourd'hui à temps partiel, elle espère, un jour, faire de l'écriture son activité principale. Elle apprécie les salons du livre parce qu'ils lui permettent de rencontrer ses lecteurs et lui ouvrent les portes de la grande famille des auteurs de polar. Elle se met alors "à lire ses petits copains”. Quelques interventions en librairie, en collège : si les rencontres en public ne sont pas son sport favori, elle s'y prête cependant volontiers.

Son prochain livre, Chiens de Sang est à paraître ce mois-ci aux éditions Fleuve Noir. Une forêt en Lozère, un lord adepte de la chasse à l'homme et Diane, une photographe en reportage.

Derniers Titres parus de Karine Giebel

couverture du livre Ce que tu as fait de moi

Ce que tu as fait de moi

Personne n'est assez fort pour la vivre. Personne n'est préparé à l'affronter, même si chacun la désire plus que tout. La passion, la vraie... Extrême. ...

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