En projet depuis 1995, la médiathèque Salim-Hatubou a ouvert ses portes au public le 20 octobre 2020 au Plan d'Aou dans le quartier Saint-Antoine dans le 15e arrondissement de Marseille. Avec ce nouvel équipement, le réseau marseillais compte 9 bibliothèques ainsi qu'un service hors les murs.

Conçu par les architectes Nicolas Masson de Land et Perrine Bernard de Bag Architectes associés, ce bâtiment est en pierre de taille de Beaulieu, une carrière située près de Montpellier. Il s'inscrit dans un projet plus global d'aménagement du territoire avec deux hectares d'espaces extérieurs ouverts au public avec des terrains de jeux, de sport…

La médiathèque offre aux habitants du quartier un espace de 981 m2 accueillant, lumineux et confortable. Les aménagements intérieurs ont été réalisés par l'atelier Mira. Dans l'ensemble du bâtiment, le bois est très présent, de grandes baies vitrées et un éclairage soigné viennent souligner la qualité des matériaux et l'attention portée à la décoration. Les architectes ont réussi à mener une vraie réflexion sur l'esthétique du lieu et sa fonctionnalité. Un banc amovible par exemple permet de fermer l'espace des collections pour certaines occasions. L'arbre de l'ancienne cour d'école a été conservé comme une trace de l'histoire du lieu. On sent déjà que l'usager s'approprie le lieu malgré les contraintes sanitaires : des lecteurs sont installés dans différents espaces. L'ambiance est familiale.

 

médiathèque de Saint-Antoine

 

Un équipement ancré dans le quartier

Le nom de la médiathèque a été choisi en hommage à l'écrivain franco-comorien Salim Hatubou, disparu en 2015. Cette figure marseillaise, ayant vécu depuis l'âge de 10 ans à La Solidarité, a animé des ateliers d'écriture et a laissé une œuvre personnelle constituée de romans, de poèmes et de contes. Solidarité-Kallisté : que sont nos cités devenues ?, publié en 2012 aux éditions Images Plurielles, est l'aboutissement d'un travail de mémoire mené auprès des habitants, en collaboration avec Mbaé "Soly" Mohamed et Jean-Pierre Vallorani.

Deux personnes travaillant déjà sur le territoire dans les espaces lecture de l'Acelem (Plan d'Aou et La Viste) ont été recrutées. Leur connaissance du territoire et leur familiarité avec les habitants facilite l'accès du public non familier des bibliothèques. Ainsi, une équipe motivée de 8 agents a déjà été formée, l'effectif devrait atteindre 12 personnes dans les mois qui viennent pour étendre les horaires d'ouverture.

La médiathèque va fonctionner en lien avec celle de Saint-André (16e) en vue de construire, à terme, une programmation complémentaire entre les deux établissements. Saint-André, d'une surface de 400 m2, est depuis 1988 un des principaux équipements culturels des 15e et 16e arrondissements. Salim Hatubou va mettre progressivement en place des partenariats avec les établissements scolaires alentours, proposer des actions extrascolaires en intégrant les parents et un programme d'action culturelle pour tous.

 

Un classement simplifié

Afin de permettre à chacun de s'approprier les collections, la classification Dewey a été abandonnée au profit d'une présentation en 6 pôles :

  • Petite enfance 0-8 ans : albums, contes et romans
  • Documentaire, pour découvrir et s'informer : arts et loisirs, nature et science, monde et société, vie quotidienne (cuisine, jardinage, bricolage, relation à l'administration), bien-être et santé, formation et emploi
  • Roman ado-adulte (à partir de 10 ans)
  • BD et Manga
  • Presse
  • Audiovisuel (CD et DVD)

Une organisation inspirée par le plan de cotation de la bibliothèque Louise Michel à Paris. La quantité d'ouvrages est inégale selon les thématiques et repose sur l'idée que certains rayons seront plus consultés que d'autres.

Une réflexion est en cours pour intégrer des fonds spécifiques en direction des personnes en difficulté face à l'écrit : une sélection « facile à lire » qui simplifie le processus de déchiffrage du texte, « lire autrement », FLE (français langue étrangère) et DYS.

Un petit fablab a été prévu dans la conception de la médiathèque. Il n'est, pour l'heure, pas encore équipé mais proposera à la fois des ateliers en faveur de l'inclusion numérique (bureautique et internet de base) et des ateliers de création numérique (impression 3D, découpeuse vinyle, conception graphique, coding...).

 

La médiathèque en chiffres

Entre son ouverture à l'automne et le mois de janvier, 11 000 prêts ont été effectués. On note l'inscription de 611 nouveaux adhérents et 800 lecteurs actifs. Dans les deux premières semaines, l'équipe a noté une moyenne de 470 entrées par jour, qui s'est stabilisée à 200 aujourd'hui.

Fonds actuels (livres, CD et DVD confondus) : 23 800 documents (fonds prévu : 30 000 documents)
L'espace 0-8 ans, qui représentera bientôt 25 % des collections, contient à ce jour 4 275 documents.

Le financement de la médiathèque a été réparti ainsi :

  • Ville de Marseille : 1 006 000 € (25 %)
  • État (Drac) : 1 720 000 € (42 %) (hors acquisitions de livres)
  • ANRU : 679 600 € (17 %)
  • Conseil régional : 400 000 € (10 %)
  • Conseil départemental : 269 000 € (6 %)

Pour un coût global de de 4 074 600 € HT.

Crédit photo : S. Rouch

 

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