La maquette de cet ouvrage est merveilleusement élégante, on y retrouve principalement les maîtres insuffisamment contemplés qui précédèrent l'aventure de Cézanne. Constantin, un taiseux de l'Ancien Régime qui campe en contrepoint d'une foule en liesse la silhouette de la montagne et le départ d'une Montgolfière (page 27). Des lavis de Granet d'une incroyable légéreté (page 48), “une synthèse de la structure et de l'atmosphère”. La Sainte-Victoire de Prosper Grézy depuis la route de Vauvenargues (page 89) : des gris bleutés, des ocres, des nuages frangés et de menus promeneurs.
Auteur en 1992 d'une thèse et d'une exposition majeures sur Le Paysage Provençal, autrefois conservateur au musée de Toulon, Soubiran complète les voies frayées en 1989 par Bruno Ely. Un peu comme à Fontainebleau ou bien du côté d'Honfleur, La Montagne d'Aix est à ses yeux un foyer-laboratoire où se mirent en place de nouvelles formules. Cézanne s'adressait ainsi à Vollard : “Les temps sont très variables : parfois de beaux soleils, suivis inopinément de temps gris lourds et ardoisés”.

Alain Paire
Librairie-galerie Alain Paire (Aix en Provence)



La montagne Sainte-Victoire : un atelier du paysage provençal de Constantin à Cézanne
136 p. format 25 x 27. 32 euros
Éditions Bénézet

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