Une maison d'édition dépote et revisite le genre de la bande dessinée.
On aime ou on n'aime pas : âmes prudes et fragiles s'abstenir.


Caroline Sury et Paquito Bolino sont deux anciens étudiants aux Beaux Arts, l'un d'Angoulême, l'autre de Bordeaux. Ils rejoignent Paris au même moment, en quête d'un atelier de sérigraphie.
Leur volonté : travailler en collaboration avec d'autres artistes, mélanger, secouer. Personne ne les suit, alors ils quittent Paris et s'installent dans la région en 1993 pour fonder ensemble leur maison d'édition.

Plasticiens avant tout, travaillant le papier, il leur a fallu se définir… comment rentrer dans une case à part celle de la BD ?

Première sortie des machines : un magazine collectif. L'esprit est là, il persistera : une démarche éditoriale ouvertement underground. Ensuite, très vite, les ouvrages sont apparus.

Leur inspiration : l'art brut, l'expressionnisme allemand. Des formes dures, agressives, un style incisif, volontairement caricatural.
Enchaînement et déchaînement d'images, acérés, d'artistes, écorchés.

Aujourd'hui, leur revue vitrine s'appelle Hôpital brut. Feuilletez-la, vous comprendrez pourquoi !

Leur particularité d'impression : tout est tiré en sérigraphie. Pourquoi ? Cela permet de rendre aux images imprimées leur statut d'oeuvres d'art.
Dans leurs locaux, situés au sein de la Friche Belle de Mai à Marseille, ils manipulent leurs machines achetées au fil des années. Ce qui leur permet de contrôler tout le processus. Les couleurs vives (vivantes ?) sautent aux yeux, choquent, saisissent. Aucune place pour le vide, les surfaces vierges sont proscrites.

Hétéroclites dans leurs styles, dans leurs pensées, les auteurs vivent au Japon, aux États-Unis, en Belgique, en Scandinavie, Amérique Latine, Afrique du Sud… et en France. Citons-en quelques-uns : Jaca, Eric Nahon, Cesar Fernandez Casi, Elina Merenmies, Sekitani Norihiro, Ludovic Levasseur, Blanquet.

Le catalogue s'est construit peu à peu, autour d'une ambiance démoniaque, enragée, sulfureuse. Vous voulez un dessin ? Feuilletez ce Dazibao, c'est très tendre comparé à ce qu'ils peuvent créer !

Le Dernier Cri édite, fabrique (entre 100 et 250 exemplaires), diffuse des oeuvres sérigraphiées aux formats et aux contenus variables, pour des tirages restreints.
Par ailleurs, ils filment, projettent des courts métrages. Souvenez-vous de l'Œil du cyclone diffusé sur Canal +, ils en étaient !

Entrez dans l'univers apocalyptique et délirant de cette maison d'édition peu conventionnelle. Et non, l'illustration n'est pas toujours destinée aux enfants…

Accès directs :