Depuis le 1er janvier dernier, les nouvelles conditions tarifaires de La Poste ont grandement compliqué la vie des éditeurs. Un problème récurrent qui peine à trouver une solution malgré les efforts du SNE.

En début d'année, la tolérance en vigueur jusqu'alors s'est transformée en une règle implacable. Si l'envoi de livres au tarif “lettre” était officiellement interdit par La Poste, il était en réalité unanimement pratiqué, en particulier pour l'envoi des livres en service de presse. Or depuis janvier, tout envoi mesurant plus de 3 cm d'épaisseur ne peut être expédié qu'en colissimo et l'augmentation de tarif qui l'accompagne n'est pas sans conséquence pour les éditeurs.

Le Syndicat national de l'Édition n'a pas tardé à réagir, et une réunion avec le ministère de la Culture a eu lieu voici quelques mois. Il s'en est suivi une rencontre entre le SNE et les dirigeants du groupe La Poste, à l'issue de laquelle l'opérateur a émis une nouvelle proposition tarifaire. En échange d'une estimation du volume concerné, La Poste a proposé aux éditeurs – et pour les envois de service de presse de plus de 3 cm uniquement – d'entrer dans la gamme Fréquenceo, ce qui permettrait de revenir à un tarif proche de l'envoi “lettre”. En mai dernier, le SNE faisait donc appel à ses membres afin d'obtenir des données sur le volume d'ouvrages expédiés annuellement (l'estimation globale se situe entre 15 et 20 millions d'exemplaires).

L'affaire étant bien engagée, quelques éditeurs ont tenté l'expérience Fréquenceo durant l'été. Malheureusement l'expérimentation s'est révélée catastrophique : Fréquenceo est en effet peu pratique, extrêmement chronophage et impossible à mettre en place pour une structure éditoriale qui ne possède pas son propre service d'expédition. Pour le SNE, le dossier n'est donc pas clos et une nouvelle négociation est inévitable… mais La Poste semble depuis faire la sourde oreille. Pire, plusieurs éditeurs franciliens confirment être démarchés individuellement par les services commerciaux du groupe dans le but de leur faire signer un contrat Fréquenceo, une offre qui n'est pourtant pas adaptée à leur activité... La question n'étant pas tranchée, elle devrait encore faire les beaux jours du treizième Salon international des Éditeurs indépendants (du 13 au 15 novembre 2015 à Paris - www.lautrelivre.fr). Gageons par ailleurs que si le SNE réussit à ouvrir une brèche, le Syndicat de la Librairie française ne manquera pas de vouloir légitimement disposer des mêmes tarifs pour les librairies, car dans l'immédiat seuls les clients les plus importants sont à même de négocier leurs tarifs postaux. Quid alors du client numéro un de La Poste ? Un géant bien connu de la vente par correspondance…

Si vous aussi, vous avez été contacté par les services de La Poste en vue d'une offre Fréquenceo, n'hésitez pas à en informer le SNE et plus particulièrement Delphine Katranzis, chargée de mission affaires générales, commission circuit du Livre, commission usages commerciaux (tél. 01 44 41 40 50).

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