Héritier du mouvement Fluxus et de l'art conceptuel, (u).ls est une autre définition du livre d'artiste, où la forme importe peu, mais où le travail plastique est largement diffusé. En choisissant un médium de masse, comme le journal, (u).ls développe l'art démocratique.


L'appellation "livre d'artiste" peut se décliner en deux définitions, une première française, une seconde anglo-saxonne. Selon que l'on choisisse l'une ou l'autre de ces définitions, la nature et la fonction du livre d'artiste sont littéralement opposées.

Côté France, il s'agit d'un livre objet, illustré, de gravure, de peinture, le plus souvent à tirage très limité. En somme, un livre de bibliophilie, un livre précieux. Bref, de l'édition de création. En Paca, l'Atelier des Grames, l'Atelier Vis à Vis, Jane Otmezguine et d'autres, s'inscrivent dans ce concept.

Coté anglo-saxon, le livre d'artiste peut se concevoir seulement par son sujet ou la réflexion artistique qu'il développe.
En effet dans les années 60/70, est apparue une nouvelle conception du livre d'artiste qui, décliné sous forme de magazine ou de journal, e voulait avant tout le nouveau médium de la démocratisation de l'art ; pour rendre l'art accessible et en parallèle pour exploiter les nouvelles technologies permettant une production de masse. Il s'agit donc de publications en série incluant des œuvres d'artistes n'ayant aucune autre existence qu'à travers les pages de la revue, du magazine, du journal.

La nouvelle structure éditoriale marseillaise, (u).ls, s'intègre dans le courant anglo-saxon. Elle ne travaille pas sur la singularité du livre objet, mais sur la large diffusion d'une œuvre artistique.

(u).ls reprend les initiales de (Un)Limited Store, et se propose d'être une structure d'exposition et de diffusion, ainsi que d'éditer des multiples, ici le journal, et des livres d'artiste.
(u).ls a lancé en février 2008 un journal donnant carte blanche à un artiste.            

 Ce journal est tiré entre 5 000 et 10 000 exemplaires sur rotative presse, c'est un douze pages au format tabloïd de 430 mm x 290 mm, imprimé en noir et blanc. Cette publication s'inscrit dans la lignée des "gratuits", un support d'impression et de diffusion artistique où nul texte critique n'apparaît.

(u).ls propose aux artistes de s'approprier un journal, de le détourner, de l'inventer, de le décliner... Premiers artistes à avoir tenté l'expérience : Céline Duval, Michalis Pichler, Peter Downsbrough, et Nathalie Amaé, par ordre de parution.
Les prochains : carte blanche à Claude Closky (janvier), et Pierre-Olivier Arnaud (avril).

Ce journal est largement diffusé sur le territoire national et international (présence au salon Light, Paris). Toujours à l'affut de nouveaux territoires à envahir, (u).ls propose d'envoyer gratuitement à chaque structure demandeuse un nombre de publications variant entre 100 et 300 exemplaires pour mise à disposition du public. Le journal doit se propager, se perdre puis s'oublier pour les uns, se collectionner pour les autres, ou encore se répandre pour devenir une œuvre autonome en mouvement. Pour financer les publications, le journal est sans cesse à la recherche de nouveaux partenaires.

En quête permanente de nouveaux moyens de diffusion et de représentation, (u).ls s'interroge sur la propagation des œuvres d'artiste et justifie de ce fait sa présence sur la communauté d'internautes : Second Life1.
(u).ls publie également les "uls pocket", une collection de 6 livres d'artiste, au format livre de poche, sur le mode de la "carte blanche". Chacun est tiré à 100 exemplaires.

Un fonds de livres d'artiste est mis à disposition des structures intéressées, pour des expositions par exemple, dans le but de faire découvrir à un large public les publications artistiques nationales et internationales éditées sous le mode anglo-saxon.

(u).ls, deux personnes : Amélie et Alexandre Fauvet, deux passionnés. Deux intervenants hors pair pour vous présenter le livre d'artiste sous un angle peu conventionnel en France.

1 Second Life n'est pas un jeu stricto sensu mais un espace d'échanges, visant être aussi varié que la vie réelle. C'est un forum Internet où s'expriment les engagements sociaux et politiques de manière libre et internationale ; débats, expositions, conférences, formations, recrutements, concerts, mariages sont des évènements courants sur Second Life.

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