Depuis 1992, Gilberto Casula et Yvy Brémond se consacrent à l'édition de livres d'artistes mêlant poésie et création artistique. Avec 51 titres disponibles au catalogue, 6 collections, une moyenne de publication de 4 livres par an et un tirage moyen de 300 exemplaires, la maison d'édition est maintenant bien ancrée dans le paysage littéraire et artistique.

Au début, une rencontre. Celle de Gilberto Casula, jeune poète qui commence à être publié dans des revues régionales spécialisées – Aléatoire ou encore Le Jardin littéraire – et l'artiste plasticien Jean- Marc Constantino : “On s'est rendu compte que nous travaillions sur le même projet !”. L'idée naît alors de mêler sur le papier textes et œuvres plastiques. Tous deux sont ancrés dans une démarche artistique. Cette volonté commune donne lieu à une première publication : Le bouffon parle. Se prenant au jeu, Yvy entraîne Gilberto vers d'autres projets. Ils définissent un concept qui se retrouve dans les six collections : mettre en résonance les textes inédits de poètes contemporains avec les œuvres de plasticiens, créer des univers. Les textes sont premiers, le plasticien n'illustre jamais le travail de l'auteur, il ne réfléchit qu'à partir de la problématique, à l'instar des cadavres exquis. Ce sont deux approches d'une même thématique. Une personnalité peu connue est associée à un artiste plus confirmé, et pour le choix des textes les éditeurs revendiquent leur subjectivité.

Voulant rendre ce travail abordable, le tandem n'hésite pas à utiliser l'offset pour une de ses collections. “La définition du livre d'artiste a beaucoup évolué dans les années 60 avec le travail des Américains. Pour eux, tant que des illustrations apparaissent dans l'ouvrage ce sont des livres d'artistes. Alors on a fait cette collection pour le grand public, en offset. Sinon, nous travaillons les techniques de la lithographie, sérigraphie et la typo. Mais les livres n'ont pas le même prix...” La rencontre avec Gérard Éppelé (artiste arlésien bien connu) sera déterminante, notamment pour le recours à la technique de l'eau forte.

La diffusion s'effectue principalement dans les salons du livre spécialisés, au Marché de la poésie à Paris, au Salon du livre de création de Marseille, à Arras (biennale du livre d'artiste) ou bien encore à Mouans-Sartoux. Peu de libraires se risquent à promouvoir ces titres difficiles à travailler, mais les éditeurs n'en cherchent pas plus : ils travaillent par ailleurs et souhaitent que l'édition reste un plaisir. L'ambition n'est pas le profit mais l'équilibre financier.

Pour fêter leurs vingt ans d'édition, ils publient un ouvrage collectif réalisé avec 25 auteurs et autant d'artistes : Le partage des mondes, comme pour résumer le travail des dernières années. L'ouvrage est accompagné d'une exposition qui circule actuellement dans les médiathèques de la région et les galeries d'art des Alpes-Maritimes. Prochain rendez-vous à Antibes au Transart café du 14 au 29 septembre, ou bien encore le 30 novembre à la BMVR de Nice pour des lectures par les poètes. Ne les cherchez par sur internet, il n'y a pas de site et pour eux le numérique est “un gadget sans avenir face au livre papier”.

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