Créées en 2017 à Marseille par Florence Gindre, les éditions Marathon proposent un catalogue ados et jeunes adultes essentiellement dédié aux littératures de l'imaginaire.

 

Ingénieure paysagiste de formation, Florence Gindre bifurque en 2012 pour se lancer dans le métier de rédactrice et coach en écriture. Elle écrit également pour elle, et ses textes sont repérés par un éditeur en création. Le concept est attractif, et Florence se lance. Toutefois, la structure s'essouffle très vite, et les auteurs de la maison peinent à récupérer leurs droits. « L'expérience a été douloureuse, mais j'en garde au final un très bon souvenir. C'est de là que m'est venue l'envie de devenir éditrice, et de là que j'ai vu ce que je ne voulais surtout pas faire. »


Small is beautiful

Suite à cette première expérience et souhaitant évoluer dans son propre style, elle se lance dans l'écriture de romans pour la jeunesse. Sur une idée de son fils Thomas, elle commence la rédaction d'une histoire fantastique, Le Règne de l'empereur. En 2016, elle trouve un autre éditeur qui accepte de publier le premier tome. Bien que leurs relations soient bonnes, elle choisit de se former en parallèle au métier d'éditrice. Et c'est avant la parution du deuxième tome qu'elle décide de créer sa propre structure et de récupérer ses droits. Ses livres seront désormais publiés dans sa propre maison d'édition. Pour autant, Florence ne souhaite pas créer une entreprise d'autoédition, mais s'ouvrir à d'autres écrits et d'autres genres. C'est suivant cette conception qu'elle fonde « Marathon Éditions ».

Aujourd'hui, Marathon édite sept auteurs et compte 12 titres au catalogue, vendus entre 15 et 19 €. Les textes sont soumis à un comité de rédaction et sont méthodiquement sélectionnés. « Je préfère éditer peu et en très faible quantité pour être sûre d'avoir toujours assez de trésorerie pour les auteurs. Je ne pensais pas passer autant de temps à brasser des chiffres en étant éditrice… » C'est pourquoi Florence travaille en impression à la demande avec des tirages moyens de 100 exemplaires. Tous ses livres sont disponibles aussi bien en numérique qu'en format papier.


La diffusion, nerf de la guerre

Côté diffusion, l'éditrice gère tout elle-même, avec le concours de ses auteurs. Si les salons du livre, les réseaux sociaux et les plateformes en ligne génèrent le plus de ventes, ses titres sont également référencés dans quelques librairies : « En fait, dans quatre librairies en région et quelques-unes en France. Le travail de diffusion, physique tout au moins, est éprouvant. On n'est jamais sûr de l'accueil des libraires, et si tous les retours sont intéressants, c'est parfois compliqué de faire des centaines de kilomètres pour deux minutes d'entretien…  Au moins, le numérique et ses outils nous offrent une surface de surdiffusion plus large et permet de capter les communautés. »

Pour gagner un peu de temps, Florence vient de se rapprocher d'Hachette pour la distribution : « J'ai fait le choix du service sans retour possible. Je sais que pour les librairies c'est compliqué de s'engager sur des achats fermes, mais c'est impossible pour moi, dans mon économie actuelle, de jouer le jeu des 40 % de taux de retour. »


Animer pour exister

Depuis, tous ses week-ends sont dédiés aux salons, à l'organisation de tournées d'auteurs et au développement d'autres formes d'animations. Florence cherche toujours à intégrer des manifestations plus importantes : « C'est nécessaire pour mes auteurs. Sur les salons, dès que nos livres sont visibles, on les vend très bien. » 

Pour mieux se faire connaître, elle a également mis en place un concours de nouvelles : « Nous lançons chaque année un thème pour le concours. En 2019, c'était "L'école du futur". Nous recevons de nombreuses contributions que le comité de lecture se régale à lire. Nous publions ensuite un recueil de nouvelles que nous diffusons. »  

Florence propose aussi aux écoles un concours annuel de booktrailer* d'un livre de son catalogue. Un prix est remis à Marseille aux gagnants. « Cela nous aide à développer de nouveaux partenariats. Les profs nous disent que cela leur permet de connaître différemment leurs élèves. Il y a des établissements de toute la France qui y participent ! »


* Film de présentation d'un livre.

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