Depuis septembre 2017 paraît cette revue semestrielle entièrement conçue et pilotée par des femmes. Son but : dévoiler la perméabilité entre le politique et le privé tout en offrant de la visibilité aux femmes et aux personnes minorisées.


Avec un titre déconcertant qui fait tout autant référence à Dante (la "panthère" du De vulgari eloquentia) qu'à des titres de médias populaires, cette jeune revue ne manque pas d'aiguiser la curiosité. Périodique indépendant et généraliste d'analyse sociale édité à Marseille, Panthère Première est avant tout l'aboutissement d'une vision, celle d'un collectif de femmes ayant créé leur espace de réflexion et le lieu de leur expression.


Non-mixité éditoriale

L'équipe éditoriale est strictement féminine. Ses membres proviennent de différents horizons et militent partout en France. Autrices, rédactrices ou vidéastes pour la plupart, elles habitent Marseille, Lyon ou Paris. Certaines d'entre elles se connaissaient déjà, ayant collaboré pour d'autres revues indépendantes ou s'étant simplement croisées. Au gré de leurs rencontres, l'envie de créer une revue "entre nanas" a germé et a donné naissance à Panthère Première.

La non-mixité était donc une évidence pour ces femmes qui aspiraient à créer un modèle éditorial plus égalitaire et horizontal. Par ce choix, elles souhaitaient s'éloigner du modèle classique qui, selon elles, relègue souvent la femme aux tâches invisibles de relecture-correction ou aux obligations administratives. Elles voulaient également promouvoir des sujets qu'elle jugent plus difficiles à faire approuver par un comité mixte. En outre, ce fonctionnement leur permet de favoriser davantage la publication d'écrits de femmes et de personnes appartenant à des minorités. Les hommes ne sont toutefois pas bannis de la revue, puisqu'ils signent certaines des contributions.


Une revue féministe, mais pas seulement

Bien que d'orientation féministe, la ligne éditoriale de la revue ne se limite pas aux thématiques de ce domaine. En partant du principe que le politique imprègne de bien des façons le quotidien, l'intime et le personnel, les contributions explorent les zones d'intersection entre ce qui est, par convention, renvoyé au privé (famille, enfance, habitat, corps, maladie, sexualités, etc.) et ce qui relève des systèmes, de l'aire publique (État, industrie, travail, colonialisme, rapports de genre, etc.). Il s'agit donc de mettre en lumière et d'analyser des aspects de la vie situés au croisement de ces deux sphères afin de "dévoiler les formes de domination, de résistance et de créativité qui s'y développent".

Chaque numéro propose donc, sur une centaine de pages, différents types de textes (enquêtes, réflexions, récits, poésie, etc.) ainsi qu'un grand dossier thématique. La revue fait également la part belle à l'image et à l'illustration. Le résultat est un objet graphique et attrayant, de belle facture et à prix modéré, qui s'achète en librairie ou sur le site Internet de la revue. Les anciens numéros sont vendus 8 €, et quatre formules d'abonnement sont proposées : un an "petit budget" (15 €), un an "soutien" (20 €), deux ans "petit budget" (30 €) et deux ans "soutien" (40 €). Les anciens articles son également mis en ligne au fur et à mesure.

 

Au sommaire du numéro 4 (été 2019) :

- Pas d'Internet féministe sans serveurs féministes. Entretien avec Spideralex

- Croisières toxiques. Décontenancer l'histoire industrielle de la vallée de la Meuse

- La peinture après la fin de la peinture. Un portfolio de Sylvia Sleigh

- Elsa Morante, femme-canon. Ou comment rapetisser une grande écrivaine

- "Depave the world!" Entretien exclusif avec un super-héros bruxellois

- Les sirènes de l'interprétation. Variation genrée d'un grand classique

- Ambivalences de l'exotisme. Grâces et disgrâce de la renouée du Japon en Europe

- Horoscope (ou plutôt Pynchoscope)

- Dossier : Un dimanche en famille

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