Deux hommes, deux passions, une maison.

 

Dans le monde de l'édition, Christian Tarting n'est pas un nouveau venu. Créateur en 1980 de la première collection dédiée au jazz « Epistrophy », ce maître de conférence en esthétique et critique de jazz a exercé successivement chez P.O.L., Parenthèses et André Dimanche.

De son côté, Guy Astic consacre ses recherches au roman européen contemporain. Fin connaisseur de Günter Grass, mais aussi sémiologue de l'image, il est co-rédacteur en chef de la revue Simulacres et se passionne pour le fantastique en littérature et au cinéma.


D'une telle association ne pouvait naître qu'un projet éditorial exigeant,
correspondant à leurs affinités respectives : essais et documents sur le cinéma (collection « Raccords », à l'abondante iconographie) et sur le jazz (collection « Birdland »). Découvertes, rééditions… le programme éditorial souhaite revenir sur des créateurs consacrés (qu'ils soient cinéastes, plasticiens, jazzmen...) pour donner de nouvelles lectures de leurs oeuvres. Il s'agira aussi de se préoccuper d'artistes trop souvent ignorés, et sur lesquels n'existe toujours pas le livre de référence qu'ils méritent. Un intérêt particulier sera enfin porté à la publication de textes d'artistes précieux sur le plan documentaire.


Une maquette raffinée, un format agréable en mains, chaque ouvrage sera cousu-collé avec rabats et accompagné d'un élégant marque-page. Fin prêts pour le lancement, restait à remplir une condition sine qua non pour démarrer : un diffuseur distributeur. Ce sera Harmonia Mundi, qui acceptera aussitôt de jouer le jeu.

Amorcée en 2002 par le coup d'essai Why not ? Sur le cinéma américain, une gestation d'une année donnera officiellement naissance en septembre 2003 à la maison, avec la publication de 26 secondes, l'Amérique éclaboussée. Premier titre, reconnaissance immédiate : l'ouvrage se voit couronné du Prix 2003 de la critique de cinéma.


Aujourd'hui, le pari de publier entre huit et dix titres par an est tenu. Dix ouvrages tirés à 2/3000 exemplaires figurent au catalogue, et chacun se vend entre 1000 et 2000.

La maison, créée sous forme associative, est subventionnée par le Centre National du Livre, le Conseil régional PACA et le Conseil général de Vaucluse, ainsi que par la ville de Pertuis. Et pourtant, aucun salaire n'a pu pour l'instant être dégagé. C'est l'un des buts des deux éditeurs. Être encore plus offensif, combiner bonne gestion et prospective pour atteindre une rentabilité, en ne perdant pas de vue que si elle n'était pas subventionnée, l'édition de création n'existerait plus.
Un programme de qualité, le respect des dates d'offices et un rythme minimum de publications : les libraires ont d'ores et déjà pu apprécier le professionnalisme de Rouge Profond.

La cohérence de la ligne éditoriale (et graphique) permettra de déployer en 2005 les collections existantes, tout en envisageant deux nouvelles collections. Entres autres, « Birdland » s'enrichira d'un livre d'entretiens avec Lalo Schifrin, d'une analyse esthétique Les singularités flottantes de Wayne Shorter, dont Christian Tarting se plaît à rappeler que le manuscrit lui fut envoyé par la Poste. « Raccords » publiera des ouvrages consacrés à Marcel Hannoun, Rivette ou encore la série Twin Peacks. Une collection d'essais sur la littérature et une autre d'esthétique (comprenant une réédition du Traité du scandale de Claude Minière ou un inédit sur la perfection) devraient voir le jour à la rentrée. La fiction ne figurera donc pas au catalogue, même si des matrices de films, telles des nouvelles, pourront être publiées.

Vive attention portée à l'écriture, originalité des points de vue, ni universitaires, ni divagants, tels sont les partis pris défendus. Car Guy Astric et Christian Tarting n'adhèrent absolument pas à cette thèse qui voudrait que, dans leurs domaines de prédilection, la réflexion traverse un creux de vague. De nombreux auteurs, des analyses nouvelles demeurent à ce jour inédits.

Même si leur emploi du temps chargé ne leur permet pas de multiplier les animations autour de Rouge Profond comme ils le souhaiteraient, ses créateurs ont tout de même pu organiser quelques signatures en librairie, participer à la « Fête du livre » d'Aix-en-Provence avec Les Écritures croisées, ou encore à la « Fête de la musique » grâce à une collaboration très positive avec l'Institut culturel italien de Marseille.

Pour ces deux arpenteurs, l'édition reste le vrai métier, celui qui dégage le plus de plaisir, le meilleur des idées, la quintessence de l'énergie.

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