Lancées au printemps 2008 sous l'impulsion du président Emmanuel Ethis et de Guy Lobrichon, les Presses universitaires d'Avignon comptent aujourd'hui 33 titres répartis dans trois collections. L'édition publique et universitaire paraît toujours privilégiée par rapport à l'édition privée. Dans l'imaginaire collectif, ces éditions ne connaissent pas de problèmes de budgets, n'ont pas de besoins de rentabilité et ont surtout un creuset d'auteurs dédiés à travers leurs professeurs…

Si ce schéma semble parfois juste, il n'en est rien pour les Presses universitaires d'Avignon. Comme le souligne Guy Lobrichon : “Il est rare qu'une université de notre taille se dote d'une structure éditoriale. Cela rend le projet complexe mais enthousiasmant ! Nous sommes une petite équipe confrontée aux difficultés des éditeurs”. Ainsi, ce sont trois personnes qui travaillent bénévolement à la réalisation des publications : un professeur retraité, l'assistante du Président et une secrétaire comptable. Les choix éditoriaux se réalisent au sein d'un comité éditorial composé de professionnels de l'édition et de membres de l'université. N'ayant pas la maîtrise des logiciels de mise en page, c'est une structure partenaire qui sous-traite la PAO et gère l'impression auprès des imprimeurs.

Les éditeurs se concentrent donc sur le choix de la ligne éditoriale, la définition des collections, le choix et le travail autour des textes.
C'est ainsi que la ligne éditoriale a été définie en lien avec le cursus “Développement culturel et communication” que propose l'Université, et en lien avec le festival d'Avignon, d'Arles et d'Aix-en-Provence. L'idée a ensuite été de développer les collections :
- “Entrevue” est une collection de livres, de petits formats de 60 à 80 pages, économiquement très abordables. Cette collection présente
les “leçons” que donnent les metteurs en scène, artistes et dramaturges invités à exposer leur travail dans le cadre du festival d'Avignon. La moyenne des publications est de 300 exemplaires.
- La seconde collection porte sur les Rencontres Aix-Arles-Avignon. Les titres présents proviennent généralement de commandes des différents festivals, comme le livre sur les Rencontres européennes de la culture. Généralement tirés à 500 exemplaires, les festivals en achètent en moyenne 420.
- “En Scène” est la troisième collection. Elle s'oriente autour des travaux de sociologie de la culture ou d'oeuvres de création dramatique.
- Une quatrième collection “Enjeux” pourrait bientôt se développer autour de la culture et de son évolution notamment face aux problématiques du numérique.

Mais plusieurs problèmes se posent pour cette jeune maison. Le budget de fonctionnement est d'environ 40 000 euros et la diffusion ne permet pas encore de rentabilité pour les titres. Ces problèmes économiques rendent impossibles la rémunération des auteurs. Comme pour de nombreuses presses universitaires, l'auteur est rémunéré au forfait. Et il est donc compliqué de trouver des auteurs qui acceptent de travailler dans ces conditions. Autre problème, la diffusion et la présence en librairie.
Rattachées depuis seulement quelques mois à l'AFPU via les Presses universitaires de Provence, les titres sont très rarement présents en librairies et se vendent donc essentiellement lors du festival d'Avignon, dans les librairies de la ville ou par le bouche-à-oreille : “nous espérons beaucoup de l'AFPU pour nous faire connaître des librairies. Notre catalogue ne nous permettait pas encore de viser une diffusion nationale et avec seulement deux bénévoles et un stagiaire pendant le festival, nous ne pouvions pas être plus présents !”. Pour affronter le virage du numérique, le responsable souhaite s'entourer de scientifiques spécialistes de l'information et espère également pouvoir se rapprocher du Cléo (Centre pour l'édition électronique ouverte).

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