Le SLF vient de rendre public un rapport sur l'état du commerce de détail de livres en France en 2011. Commandé à l'institut i+c, ce rapport se divise en deux grands axes, le premier économique et le second social. Le taux de réponse à l'étude préalable a été de 26 %. Quelques chiffres issus de ce rapport :

Volet économique

- 3 666 entreprises existent sur le territoire (hors grande surface), dont près de 54 % ne comptent aucun salarié,
- 2 163 entreprises répondent au code NAF de la librairie (contre 2 176 en 2008 et 2 168 en 2010).
- Le CA est en baisse de près de 1% par rapport à 2008.
- Répartition du CA : 82,5 % pour la vente de livres ; 9 % pour la papeterie/carterie ; 7,5 % pour les autres produits (soit moins que ce que les analystes auraient pu imaginer tant les librairies ont recherché à diversifier leur activité pour améliorer leurs marges au cours des dernières années).
- Répartition des ventes : le comptant représente 80 % de l'activité ; les ventes aux collectivités 17 % ; la vente à distance 3 %. Ces ratios restent stables depuis 2007.

L'investissement des librairies, en constante diminution, a chuté de 42,5 % depuis 2008 :
- 60 % des investissements vont à la rénovation et l'agencement ;
- 26 % du montant global des investissements sont consacrés aux NTIC, en très forte augmentation.
- déjà très faible dans les précédents rapports, le taux d'acquisition immobilière chute à 0,5 %.
Cet indicateur vient corroborer les difficultés croissantes que rencontrent les librairies dans la gestion de leur trésorerie. Les immobilisations sont des postes importants de l'actif d'une librairie, et leur diminution peut souligner la volonté ou la contrainte des librairies d'améliorer leur fonds de roulement. Cet indicateur pose également la question du profit des libraires : les immobilisations sont des garanties ou des ressources pour financer l'emprunt ; si elles diminuent, elles doivent être compensées par les profits pour pouvoir continuer à financer l'emprunt. Le rapport montre que le CA global diminue mais ne fait pas ce focus sur les profits.

Volet social

- Les effectifs ont baissé de 1 % depuis 2008.
- 14 110 personnes travaillant en librairie : 87 % de salariés et 12 % de dirigeants, et 1 % de conjoints collaborateurs et autres non salariés.
- Parmi les salariés : 67 % de femmes (dont 71 % à temps plein et 29 % à temps partiel) et 33 % d'hommes,
- Le temps partiel augmente de façon croissante depuis 2008 et représente 23 heures de travail hebdomadaire moyen.
- 68 % des salariés ont entre 26 et 50 ans ; 16 % ont moins de 25 ans.
- L'âge moyen du libraire est de 39 ans, pour une ancienneté moyenne de 8 ans.
- 84 % des contrats sont des CDI ; 9 % des CDD ; 7 % des contrats aidés.
- On ne compte que 122 salariés handicapés dans l'ensemble des librairies.
- Pour l'année 2011, l'étude recense 3 740 embauches pour 3 760 départs.
- Nature des embauches : 37 % des nouveaux contrats sont des CDD ; 16 % des contrats aidés ; 22 % des contrats saisonniers ; seulement 25 % des CDI. Cet indicateur souligne une nouvelle fois la précarité croissante des libraires.
- Sur l'ensemble des embauches : 340 sont des premiers emplois (9 % des recrutements).
- Formation des premiers emplois : 40 % ont été formés à l'INFL ; 3 % à l'IUT des métiers du livre d'Aix-en-Provence ; 51 % viennent d'autres formations.
- Sur l'ensemble des salariés : seuls 18 % ont suivi une formation spécifique aux métiers du livre.

En résumé, le rapport dénombre 2 163 établissements réalisant un CA de 1,61 milliard d'euros HT pour 12 410 salariés.
Il trace le profil moyen d'une librairie : 738 k€ de CA HT pour 6 salariés dont 4 femmes et deux hommes, 4 temps pleins et 2 temps partiels, 5 CDI et 1 CDD.


L'intégralité du rapport est en ligne sur le site de l'Agence.

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