En juillet 2020, les sénatrices Colette Mélot et Sylvie Robert présentent un rapport d'information quatre ans après la mise en place du dispositif d'accompagnement financier de l'État. Intitulé "L'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques publiques : une politique d'inclusion culturelle, sociale et territoriale à conforter", ce bilan révèle de bons résultats et propose des pistes d'amélioration.

 

En 2019 les chiffres rendent compte d'une belle dynamique :

  • 343 projets étaient financièrement soutenus, pour permettre une augmentation de l'amplitude horaire hebdomadaire de 8 heures 30 en moyenne.
  • 623 communes ou intercommunalités étaient engagées.
  • 747 bibliothèques impliquées.
  • 9,1 millions de Français concernés.


Le succès est aussi qualitatif. En effet, le rapport souligne de multiples progrès en matière culturelle, territoriale et sociale. Citons notamment l'amélioration du service aux usagers, l'augmentation de la fréquentation et la diversification des publics, la réorganisation des missions au sein des bibliothèques en les recentrant sur l'accueil et l'accompagnement des publics.
 

Des recommandations pour répondre aux inquiétudes

Convaincues de la pertinence de cette politique publique, Colette Mélot et Sylvie Robert formulent plusieurs recommandations pour la préserver et l'améliorer. L'urgence, selon elles, est d'assurer la pérennité financière des projets en cours au-delà des cinq années de soutien de l'État, et d'en obtenir pour les nouveaux. Or, les premières aides pourraient s'éteindre dès 2021, pour ceux engagés en 2016. Selon le rapport : « force est de constater qu'à ce jour, aucune réponse n'a été apportée, ni aucune période de transition préparée ».

D'autres questions nécessitent d'être approfondies comme le besoin d'accompagnement en ingénierie des collectivités territoriales ou la formation initiale et continue des personnels des bibliothèques. Autre piste : encourager la coopération entre les bibliothèques territoriales et universitaires, en incitant le ministère de la Culture et celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche à mener une réflexion commune sur le sujet.

Premier équipement culturel public par leur nombre (16 500 établissements de lecture publique), avec une importante diversité des publics (environ 12 millions d'usagers), les bibliothèques ne se limitent plus à leur rôle traditionnel de lieu de lecture et de prêt de livres : elles sont désormais des espaces d'animation culturelle au sens large et se doivent d'évoluer dans ce sens.

« Lieu historique d'accès au savoir, les bibliothèques publiques connaissent depuis une trentaine d'années de profondes évolutions touchant à leur architecture, leurs fonctions, leurs usages. Le constat est unanime : ce n'est plus seulement l'accès à des ouvrages et à une salle de lecture silencieuse que les citoyens souhaitent trouver dans leur bibliothèque, mais bien un véritable lieu de vie connecté, propice à la réflexion, au repos, au travail en groupe ou à des activités annexes. De « temples de la culture » réservés aux seuls initiés, les bibliothèques deviennent progressivement les foyers d'un champ culturel réinventé, plus ouvert et inclusif. » Extrait du rapport.

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