Organisées par la Fédération des Libraires en Région, l'association Libraires en Rhône-Alpes et le Syndicat de la Librairie française, les Rencontres nationales de la Librairie ont rassemblé à Lyon, les 15 et 16 mai 2011, de 550 participants dont 450 libraires.

La première journée s'est attachée à présenter l'évolution de la librairie, depuis la loi sur le prix unique du livre en 1981, à celle sur le prix unique du livre numérique en mai 2011. En passant par un rappel toujours nécessaire des fondamentaux : rôle de la librairie dans son espace social ; nature du métier dans ses choix, son aptitude à répondre aux attentes du public, sa fonction sociale, sa territorialité, mais aussi sa technicité – gestion de l'offre éditoriale, choisie et subie, capacité à maintenir un fonds, construction de l'espace, informatisation, liens avec les collectivités. La place actuelle et future de la librairie dans la Cité était plus que jamais à l'ordre du jour. Une présentation du fonctionnement des librairies en Espagne, en Allemagne et au Québec a refermé ce premier volet.


Temps fort de l'événement, la deuxième journée a été ponctuée par trois interventions :

Étude Xerfi
 Mandaté par le service Livre et Lecture du ministère de la Culture et de la Communication, le cabinet Xerfi a présenté une synthèse de l'Étude des comptes de résultat et bilans des librairies sur la période 2003-2010. Il en ressort par exemple que…
- la dernière variable d'ajustement du résultat d'une librairie est... le salaire du dirigeant.
- le résultat (avant impôts) représente en moyenne 1,5 % du CA des libraires (0,8 % pour les structures réalisant un CA inférieur ou égal à 250 000 €),
- le taux de marge commercial est aujourd'hui de 32,7 % en moyenne,
- l'excédent brut d'exploitation (EBE) de 3 % en moyenne,
- le besoin en fonds de roulement (BFR) est monté à 63 jours,
- le nombre de librairies en activité a baissé de 15 %.

L'étude nous apprend également que les librairies labellisées LIR ont les ratios d'exploitation les plus positifs. “Comment, après ça, voulez-vous que nous demandions des prêts à une banque et comment donner l'envie à des repreneurs d'investir dans un tel commerce ?” s'est exclamé un libraire.
Une synthèse de l'étude est en ligne sur le site de l'Agence.


Table ronde libraires indépendants / diffuseurs
Les antennes diffusion de Hachette, Gallimard et UD ont pris part au débat face à 450 libraires. Après le jeu habituel de la mauvaise foi et des règlements de compte entre clients et fournisseurs, plusieurs points ont été marqués par les libraires : raccourcissement du délai d'accréditation des retours de 60 à 30 jours (pour les librairies labellisées) côté Hachette, réflexion en cours côté Gallimard, pour l'intégralité des librairies indépendantes. Les questions ont ensuite porté sur les marges attribuées par les diffuseurs aux différents niveaux de la librairie. Les libraires ont unanimement souligné qu'il était temps de redéfinir ce que sont réellement une “remise quantitative” et une “remise qualitative”. Dossier récurrent de la commission du SNE sur les protocoles d'usages commerciaux, la remise quantitative minimale est aujourd'hui de 20 %, ce qui engendre des écarts de remise très importants selon la taille des points de vente. Le souhait des libraires est de ramener cette remise à 35 %. S'il est évidemment nécessaire de redresser le taux de remise quantitatif minimal, il ne faut pas non plus perdre de vue que les petites structures d'édition, qui composent pour une bonne part le fonds des librairies indépendantes, ne pourraient pas s'aligner sur un tel taux. La commission du SNE n'est pas prête à disparaître !

L'allocution de Frédéric Mitterrand était très attendue ; elle a recueilli l'adhésion de l'ensemble des participants. Le ministre a développé de cinq axes, riches de promesses :
- Allègement des contraintes d'accès au label LIR (notamment sur la variable de la masse salariale).
- En cas d'obtention du label LIR, si une Région, un Département ou une Commune refuse d'exonérer la librairie de sa part de CVAE (ancienne Taxe professionnelle), l'État pourrait la prendre partiellement à sa charge (de 50 % à 100 %). - Nomination d'un médiateur entre éditeurs, diffuseurs/distributeurs et libraires, dans le cadre d'une nouvelle négociation du protocole des usages commerciaux.
- Rapprochement de l'État et des Régions dans le cadre de la mise en place de contrats de progrès État/Région, dont les objectifs seraient d'harmoniser les politiques d'accompagnement de la librairie.
- Signature d'un nouveau Fisac livre pour accompagner le développement économique des librairies.

Depuis ces rencontres, l'École des Loisirs annonce rehausser sa remise minimale à 37 %, quant à elle, la Générale du livre ramène celle de ses diffusés à 35 %. Par ailleurs, la signature d'un nouveau plan Fisac est également en cours, de même que la nomination d'un médiateur. Enfin d'ici septembre, les nouvelles modalités d'attribution du label LIR devraient être présentées par le CNL.

Pour découvrir ou revoir les échanges : www.lesrencontresnationalesdelalibrairie.fr

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