Le 14 mars 2022, le quatrième accord culture-justice a été signé à la maison d'arrêt (MA) d'Aix-Luynes en présence de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, et du garde des Sceaux, Éric Dupont-Moretti.

Ce jour-là étaient présents pour présenter leurs missions et leurs actions : la direction interrégionale de la Protection judiciaire de la jeunesse (DIRPJJ) Sud-Est, ses responsables culturels ainsi que la direction interrégionale des Services pénitentiaires (DISP) de Marseille, avec son coordinateur culturel régional et sa coordinatrice d'activités pour la MA d'Aix-Luynes, l'Agence régionale du Livre, les enseignants ainsi qu'un groupe de détenus.

 

Encourager toute pratique culturelle

Crédits photo : DIRPJJ Sud-Est

Signé pour la première fois en 1986, ce protocole interministériel (Culture et Justice) engage conjointement ces parties à renforcer l'accès de la population pénale aux différentes formes de pratiques culturelles.

Ce quatrième protocole culture/justice a été rédigé par des groupes de travail composés de professionnels du monde de la culture et de la justice. Il prévoit une adaptation à l'émergence de nouveaux enjeux (éducation aux médias et à l'image, numérique), mais rappelle aussi que tous les publics sont concernés : majeurs et mineurs en milieu fermé comme ouvert.

La loi pour la confiance dans l'institution judiciaire, votée en décembre 2021, entérine une réforme des mécanismes de réduction de peine conditionnée par les actions accomplies. Cette loi considère notamment que la participation des détenus aux activités culturelles est considérée comme un effort de réinsertion ouvrant le droit à une réduction de peine. L'accès à la culture, à côté d'autres activités comme la formation, l'éducation ou encore les actions citoyennes, fait partie intégrante du dispositif de resocialisation.

 

Un protocole tourné vers l'avenir

Tout en intégrant l'héritage des protocoles précédents, le nouveau texte propose l'évolution de plusieurs points, notamment :

  • Renforcer les liens dedans/dehors, avec la volonté de décliner plus naturellement les offres culturelles des territoires à l'intérieur des établissements du ministère de la Justice, pour que ces derniers puissent, à terme, constituer des lieux de programmation culturelle.
  • Consolider les partenariats avec les différents niveaux des collectivités territoriales.
  • Accroître la place de la formation des acteurs des deux ministères, en lien avec les collectivités territoriales et l'ensemble des acteurs locaux.
  • Enfin, fortifier les espaces culturels dédiés au sein des établissements du ministère de la Justice, en prenant en compte les exigences des différentes pratiques culturelles et l'ambition d'une permanence artistique.

 Consulter le protocole

 

Le « Goncourt » des détenus

À l'occasion de la signature du document, un prix littéraire a été lancé par les deux ministères, en lien avec le Centre national du livre (CNL) et l'académie Goncourt. Ce nouvel événement est mis en place dans le cadre de la lecture grande cause nationale de 2021-2022. Basé sur le modèle du « Goncourt des lycéens », il consiste pour une trentaine d'établissements pénitentiaires à désigner un lauréat à partir d'une sélection de 15 ouvrages. Après des délibérations locales, interrégionales et nationales, le prix sera décerné en décembre.

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