En février 2021, l'Observatoire des politiques culturelles a publié une note sur l'évolution des dépenses culturelles des collectivités territoriales en 2019-2021 et les effets de la crise sanitaire.

Une enquête menée en collaboration avec le Département des études de la prospective et des statistiques (DEPS) du ministère de la Culture de septembre à décembre 2020 auprès de 209 collectivités (Régions, Départements, Communes) et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Soit 10 Régions, 41 Départements, 66 Communes, 13 Métropoles, 2 Communautés urbaines, 51 Communautés d'agglomération et 26 Communautés de communes. La note de conjoncture s'appuie sur l'analyse des budgets votés ainsi que sur les prévisions financières des interrogés.

 

2019-2020 : des budgets stables ou en hausse

Si l'on regarde l'évolution des dépenses culturelles de fonctionnement et d'investissement dans les budgets primitifs 2019-2020, les répondants déclarent majoritairement des budgets en hausse. Toutefois, ils sont 41 % à déclarer une baisse des dépenses d'investissement 10 % déclarent un chiffre stable (chiffre non négligeable).

La note propose une évolution budgétaire par grands secteurs, parmi lesquels les bibliothèques, l'éducation artistique et culturelle, les musées, ou encore l'action culturelle.

 

Une majorité des collectivités territoriales (103 répondants) déclarent un budget stable dédié aux bibliothèques, à leurs équipements et projets. C'est le cas notamment pour les départements, les métropoles et les communes de 20 000 à 100 000 habitants.

La hausse du budget concerne 40 collectivités et 16 sont affectées par une baisse. Les diminutions s'observent surtout du côté des Régions, des Communautés urbaines, d'agglomération et des Communautés de communes.

 

L'impact de la crise sanitaire

Le premier impact budgétaire de la crise sanitaire a été la mise en place de dispositifs d'aide pour les activités artistiques et culturelles. 34 % des répondants indiquent avoir développé un fonds d'urgence pour une diversité d'acteurs et de structures : associations, artistes, auteurs, festivals, cinémas ou encore librairies. La note précise toutefois que « la plupart des collectivités ont dégagé des aides […] sans qu'il y ait formellement un fonds dédié. »

La crise sanitaire a eu bien sûr d'autres effets comme la baisse des recettes pour les structures accueillant du public, des dépenses imprévues (matériel de protection, télétravail…) et l'absence de consommation des crédits.
Face à cela, les collectivités ont le choix entre : maintenir les dépenses (qui entraînerait un risque de déficit), annuler et réinvestir des sommes dans d'autres secteurs ou encore reporter des activités et des crédits.

Les collectivités les moins affectées par la crise sont les Régions, du fait de leur meilleur équilibre financier et de l'impact modéré sur leurs recettes.

 

Des prévisions pour 2021

À la fin de l'année 2020, les répondants aux questionnaires ont imaginé un budget prévisionnel pour l'année 2021.
Avec une baisse de recettes attendue, les collectivités prévoyaient en grande majorité des dépenses culturelles stables (57 %). Ils étaient peu à envisager une hausse (16 %), ou une baisse du budget (13 %), les autres ne se prononçaient pas (14 %).
Les Régions sont parmi les plus optimistes : sur les 10 répondants, 3 prévoyaient une hausse et 6 un budget stable.
Selon un rapport de la Cour des Comptes, cité dans la note, les collectivités qui devaient le plus souffrir de la baisse de recettes étaient les grandes villes qui gèrent de fait des structures plus importantes. 

Le bilan des dépenses culturelles des collectivités de l'année 2021 dépendra fortement de celui des Communes, qui représentent 43 % des dépenses culturelles. La fin d'année confirmera si les crédits ont été consommés.

 


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