Né en 1932 à Casablanca, Tito Topin y est élevé par sa famille maternelle d'origine sicilienne. Si l'école ne l'intéresse guère, il a de réelles dispositions pour la plage et la lecture. Mais pas de livres à la maison... il fréquente donc la bibliothèque municipale. Après plusieurs petits boulots et deux ans et demi de service militaire (dont une année en france, qu'il découvre à l'occasion), il devient graphiste et publicitaire, d'abord au Maroc puis au Brésil – pays déjà “très attractif”. de retour au Maroc en 1962, il crée une agence de publicité puis prend la direction artistique de l'antenne Havas pour quatre années. Il quitte alors définitivement le Maroc, sans nostalgie, direction Paris où les promesses de travail ne manquent pas pour un indépendant. Il officie toujours dans la publicité mais dessine aussi pour des magazines dont Formidable, le pendant catholique de Salut les copains.

Repéré par Casterman, il se voit proposer la réalisation d'une bande dessinée sur des textes de Jean Yanne : La langouste ne passera pas (rééditée en 2011, quarante ans après sa sortie). Reste de cette expérience une amitié sans faille et une longue collaboration avec le cinéaste – Tito Topin créera les affiches et les génériques de ses films, parfois les décors – qui s'achève en 1974 lorsqu'il quitte définitivement Paris pour une nouvelle vie dans le Vaucluse.

Il devient alors graveur sur bois, aux beaux jours organise des stages, écrit des intrigues policières pour meubler les hivers – longs, même en Provence. De fil en aiguille il publie son premier policier en 1982 (Graffity Rock, dans la “série noire”), auquel succèderont une vingtaine de livres, essentiellement chez Grasset et Gallimard. Des romans sur fond historique dans lesquels il visite l'afrique du nord – son sujet de prédilection –, et des polars, fidèlement. “Dans la blanche, les livres sont beaux et demandent du soin. Le roman doit tenir par le style, l'écriture, mais aussi l'histoire. Le polar, c'est plus facile...” avoue-t-il.
Il écrit également des nouvelles et des scénarios (bande dessinée, cinéma et télévision), jusqu'à ce que TF1 lui commande une nouvelle série policière qui deviendra la “bible” de la chaîne... Il crée le personnage de Navarro. Tito Topin écrira quasiment tous les épisodes de la série (108 au total) dont il assurera la direction pendant 17 ans. Le rythme de la production télévisuelle – avec un passage rapide de l'écriture à l'écran – lui correspond mieux que celui du cinéma. Il confie ne pas apprécier les plateaux de tournage où il ne trouve jamais sa place, où tout lui semble trop long, où les relations avec les réalisateurs sont difficiles.

Après la télévision, Tito Topin retourne à la littérature tout en soutenant – à l'instar de son ami Jean Rouaud – que “le roman est mort”. La preuve en est selon lui que les ouvrages qui se vendent le mieux aujourd'hui ne sont pas les romans mais les livres pratiques.

Maintes fois récompensé, Tito Topin est Chevalier des arts et Lettres. Il a reçu le Grand Prix national de la création audiovisuelle en 1996, le prix Mystère de la critique pour 55 de fièvre(Gallimard), le Grand Prix de Littérature Policière pour Un gros besoin d'amour (Grasset), le Prix du Polar de Cognac avec Bentch et Cie (fayard). Ses livres paraissent désormais chez Rivages.

Derniers Titres parus de Tito Topin

couverture du livre 55 de fièvre

55 de fièvre

55 de fièvre Casablanca, 1955. Après une fête, Georges raccompagne une jeune femme chez elle. Il aimerait que les choses n'en restent pas là et quand la fille refuse...

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