Le dispositif de cette résidence est singulier et inédit : les écrivains ne logent pas dans l'établissement proprement dit, mais dans une "chambre de garde" à proximité (ou rentrent chez eux le soir). En dehors de leur temps de création (70 %), les auteurs proposent - en co-construction avec les établissements qui les accueillent - des temps d'ateliers, d'observation et de partage. Ils mènent, en direction des personnes détenues, des activités :

  • artistiques (ateliers de lecture, d'écriture, etc.),
  • sociales (permanence d'écrivain public à la bibliothèque par exemple),
  • culturelles (rencontre autour de leur œuvre, programmation de 3 cartes blanches avec des intervenants occasionnels tels que philosophes, scientifiques, artistes...).

Par ailleurs ils participent, autant que faire se peut, à la vie de l'établissement - du côté des détenus, mais également du personnel.

Le programme de la résidence est construit avec chaque auteur et chaque service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) ou éducateurs de la Protection judiciaire de la Jeunesse, en fonction des envies, des possibilités et des attentes du public. Les créations des personnes détenues, mais aussi de l'auteur, ont fait l'objet d'une publication spéciale dans La première chose que je peux vous dire, revue de La Marelle. Des rencontres ont également été organisées pour témoigner des créations et du projet.

Pourquoi le choix de la résidence artistique ?

D'une manière générale, la résidence artistique est un axe dynamique assez récent dans les projets d'aménagement culturel. Elle permet de mettre les artistes et la question de la création au cœur de problématiques spécifiques aux lieux, aux territoires et aux publics, tout en s'inscrivant dans un temps plus long. Elle s'est développée de manière continue en région ces dernières années en raison d'une politique volontariste et conjointe de la Drac et du Conseil régional.

La Marelle, structure entièrement dédiée à l'accueil et à l'accompagnement de résidences d'auteur, met en œuvre nombre de projets en région.

Première expérimentation

De décembre 2018 à mars 2019, les écrivains Mika Biermann et Didier da Silva étaient en résidence dans les établissements pénitentiaires de Draguignan, Tarascon et Aix-en-Provence.

© I. Camargo de Staal

Didier da Silva

Écrivain, poète et critique pour le théâtre, Didier da Silva habite à Marseille depuis toujours (1973). Commencée au Centre de détention de Tarascon, sa résidence s'est achevée au Centre pour peines aménagées à Aix-Luynes.

Didier da Silva dans la revue La première chose que je peux vous dire... (n°43, La Marelle, juillet 2019)

Mika Biermann

Romancier, plasticien et médiateur pour les musées de Marseille, Mika Biermann est né en RFA (Allemagne) en 1959. Il vit depuis 1986 à Marseille où il a appris un français mâtiné d'accent du sud. Il a été accueilli dans la toute nouvelle Maison d'arrêt de Draguignan.

Mika Biermann dans la revue La première chose que je peux vous dire... (n°44, La Marelle, juillet 2019)

Deuxième expérimentation

En 2019, les établissements  de Marseille (Baumettes, batiment de la SAS), Aix-Luynes et le quartier mineur d'Aix-Luynes ont accueilli les auteurs/illustrateurs Nine Antico, Didier Romagny et Yann Madé en résidence pendant trois mois. Les résidences se sont déroulées d'octobre à décembre.

Nine Antico

« Je me sens comme une sorte d'invitée, dans leur quotidien comme dans leurs cellules bien rangées »

Le centre pénitentiaire des Baumettes (service de la SAS - structure d'accompagnement vers la sortie) a accueilli de mi-octobre à mi-décembre Nine Antico, autrice et dessinatrice de bande dessinée, également réalisatrice.

Nine Antico dans La première chose que je peux vous dire... (n°58, La Marelle, septembre 2020)

Didier Romagny

« C'est à l'intérieur de la confiance que, peut-être, des mots jailliront »

La maison d'arrêt d'Aix-Luynes II a accueilli d'octobre à décembre Didier Romagny, écrivain marseillais, dans un bâtiment qui expérimente un régime de détention particulier (dit "de confiance") où sont logés environ 200 détenus.

Didier Romagny dans La première chose que je peux vous dire... (n°60, La Marelle, juin 2020)

Yann Madé

La 3e et dernière résidence a eu lieu en décembre au quartier mineurs de la maison d'arrêt d'Aix-Luynes I avec Yann Madé, auteur de bande dessinée vivant à Martigues.

Yann Madé dans la revue La première chose que je peux vous dire... (n°59, La Marelle, avril 2020)

Troisième expérimentation

En 2020, trois établissements pénitentiaires (deux pour adultes et un pour mineurs) seront choisis pour accueillir un auteur pendant trois mois.

L'appel à candidature a été lancé en février, afin que l'auteur puisse être choisi selon les projets de chaque établissement et avoir le temps de mettre en place la résidence entre octobre et décembre 2020.

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