Auteur(s)
Éditeur Agone éditeur
Collection Mémoires sociales
Parution
Spécificités 636 p. ; 21 x 15 cm ; épaisseur : 2.9 cm ; illustrations en noir et blanc ; reliure : Broché
ISBN 9782748904802
EAN 9782748904802
Thème Sciences politiques -- Histoire des idées politiques

4e de couverture

Seule une critique radicale des formes actuelles de circulation de l'information peut permettre de sortir du désenchantement de la politique. Paradoxalement, les appareils de parti conçus comme des instruments de libération, individuelle et surtout collective, ont très souvent fonctionné comme des instruments de domination. C'est pourquoi la priorité doit être d'élever la conscience critique des mécanismes de violence symbolique qui agissent dans la politique ; et, pour cela, de divulguer largement les armes symboliques pour se défendre - et se libérer, si besoin, des « libérateurs ».

Parue début 2002, la première édition de ce livre se donnait pour objet de mettre au jour, par le seul fait d'une succession organisée, les soubassements politiques d'une oeuvre qui ne s'est jamais coupée des cahots de l'histoire. Des interventions du sociologue, au début des années 1960 à propos de la guerre d'Algérie, à son dévoilement des mécanismes de reproduction de l'idéologie dominante, en passant par son analyse de la reproduction des inégalités par le système scolaire. Vingt ans plus tard, la réception de l'oeuvre de Pierre Bourdieu et la perception de son personnage public restent très contrastées. Il est d'autant plus nécessaire de clarifier la manière dont le sociologue a articulé, toute sa vie durant, les exigences du savant et les engagements de l'intellectuel.

En décembre 1995, les Interventions de Pierre Bourdieu aux côtés des grévistes ont été l'objet de condamnations souvent virulentes, notamment de la part des journalistes et des intellectuels médiatiques dont il avait analysé le rôle dans la production de l'idéologie dominante.

Ce qui semblait choquer avant tout, c'était le fait qu'un savant porte le fer de la critique dans le domaine politique : pourquoi ce « mandarin » descendait-il « dans la rue » ?

Les interventions du sociologue dans l'espace public datent pourtant de son entrée dans la vie intellectuelle, au début des années 1960 à propos de la guerre d'Algérie. Comme l'a noté Abdelmalek Sayad, c'est toute sa sociologie qui « garde la marque de cet apprentissage initial ». Une réflexion constante sur les « conditions sociales de possibilité » de son engagement politique a dès lors incité Pierre Bourdieu à se démarquer aussi bien d'un scientisme donneur de leçons que d'un spontanéisme alors courant parmi les « intellectuels libres ».

Thierry Discepolo & Franck Poupeau
Extrait de la préface

Dans un univers où les positions sociales s'identifient souvent à des « noms », la critique scientifique doit parfois prendre la forme d'une critique ad hominem. Comme l'enseignait Marx, la science sociale ne désigne « des personnes que pour autant qu'elles sont la personnification » de positions ou de dispositions génériques - dont peut participer celui qui les décrit. Elle ne vise pas à imposer une nouvelle forme de terrorisme mais à rendre difficiles toutes les formes de terrorisme.
Pierre Bourdieu

Accès directs :