Auteur(s)
Éditeur Presses universitaires de Provence
Collection Arts. Théorie et pratique des arts
Parution
Spécificités 256 p. ; 22 x 17 cm ; épaisseur : 1.4 cm ; illustrations en noir et en couleur ; reliure : Broché
ISBN 9791032003473
EAN 1032003473
Thème Histoire de l'art, études -- Ecrits sur l?art

4e de couverture

La fabrique de la laideur

Le laid a, depuis 1750, été intégré dans la réflexion sur les arts. Mais on interroge peu la manière dont le jugement de laideur est conçu pour stigmatiser un autre, au nom de sa différence sociale, ethnique, sexuelle, ou de l'altération de son corps malade, handicapé ou vieillissant. Les contributions en esthétique, littérature, sociologie, anthropologie et psychanalyse réunies dans cet ouvrage entendent montrer comment la catégorie du laid est historiquement et culturellement construite. Elles interrogent l'étroite articulation entre laideur et altérité et montrent que la fabrication de la laideur résulte d'une émotion qui met en jeu la relation entre individu et communauté. Elles montrent aussi comment le concept de laideur sert d'arme pour valider une norme ou pour tenir à distance une réalité dérangeante - une réalité qui remet en cause le consensus du groupe ou l'intégrité de l'individu. On voit ainsi en quoi le laid est instrumentalisé pour attaquer une minorité au nom de stéréotypes culturellement préconstruits : il justifie son rejet au nom d'une norme du « beau », du « bien » ou du « moral ». Mais le laid, devenu le fondement d'une esthétique négative refusant le plaisir confortable du beau, permet aussi de dénoncer l'inacceptable. Enfin, transcendant la traditionnelle opposition beauté/laideur, il fonde une esthétique de l'expressivité, voire de l'« im-beau » : si le dogme du beau est celui de l'identique, du même et de la raison, la laideur serait donc par essence associée à l'altérité.

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