Juliette Iturralde vit à Marseille depuis 4 ans. À l'occasion d'une résidence à la maison d'arrêt de Grasse, elle raconte ce qui nourrit son travail, son rapport aux autres et ses projets.

 

 

Diplômée des Beaux-Arts de Toulouse, elle enseigne les arts plastiques aux collégiens durant 12 ans puis se décide à être officiellement et pleinement dessinatrice : « Depuis que j'ai quitté le paquebot Éducation Nationale je navigue à vue, au ras de l'eau, beaucoup plus près des dauphins et de la houle. Je dessine, tamponne, grave, sérigraphie, gratte, découpe et colle. » Si elle continue de faire des ateliers pour « rester connectée aux jeunes », et voir « comment ils s'emparent de ce qui leur est proposé », elle cherche aussi d'autres formes d'échanges en participant par exemple aux actions sérigraphiques de l'association marseillaise Nicole Crême, ou en s'associant à la céramiste Cécile Wautelet.

 

Faire de l'anecdote un art

Juliette Iturralde s'installe à l'Atelier du Baignoir à Marseille en novembre 2020 : une stimulation parfaite pour la créativité. Ici, elle dispose d'une pièce et peut échanger avec d'autres artistes, aborder les difficultés rencontrées, s'enrichir du travail des autres. Son projet d'exposition Levures indigènes avec l'artiste Epi Florifère à l'atelier [S]éruse, est repoussé au printemps, confinement oblige. Elle continue alors ses explorations graphiques : plantes, galeries de portraits, constructions, tampons gomme, fonds imprimés sur lesquelles elle dessine aux crayons de couleur, à la recherche de trames et de tracés qui se croisent. Son intérêt pour la contrainte comme élément de départ pour pousser plus loin son travail, se double d'un amour pour l'anecdote. Ses livres sont de beaux objets principalement publiés en micro-édition et racontent tous, avec beaucoup de douceur, ces petits riens que l'on prend rarement le temps de considérer. En 2021 elle mènera l'atelier Gratte la nuit avec Fotokino dans le cadre de l'exposition Image valise dont elle est l'une des lauréates 2020. Il s'agira de revisiter la technique bien connue de la carte à gratter.

 

Résidence à la maison d'arrêt de Grasse

En octobre 2020, à l'initiative de l'Agence, elle participe à une résidence d'auteur au quartier des mineurs de la maison d'arrêt de Grasse : une semaine en immersion avec des jeunes sous main de justice. Elle anime des ateliers BD à la bibliothèque, avec l'objectif de préparer les jeunes au concours de dessin Transmurailles (organisé par l'association du Festival d'Angoulême en partenariat avec le ministère de la Justice). Juliette Iturralde les accompagne dans l'apprentissage de différentes techniques, dans le développement de leur sens artistique et de leur confiance en eux. Si elle a déjà effectué plusieurs résidences, celle-ci a été l'occasion de découvrir un univers particulier et de travailler avec des éducateurs très investis.

Gravure de Juliette Iturralde

 

C'est aussi l'occasion pour elle d'écrire, dessiner, graver ces moments pour rendre compte de ce qu'elle voit : « La prison c'est physique. C'est une évidence, c'est sa fonction même : empêcher des corps. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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