3 questions à... Gaspard Flamant
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Un auteur, trois questions : le blog Dazibao vous propose de découvrir régulièrement des écrivains, illustrateurs, traducteurs... qui vivent et travaillent en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Nous avons demandé à Gaspard Flamant, nouvellement installé à Marseille, de se prêter au jeu du “3 questions à…”.
Après des études en cinéma et la signature de reportages dans Libération et L’Humanité, il publie son tout premier roman : Shorba, l’appel de la révolte(éd. Sarbacane, mars 2018), un livre accompagné d’une bande-son réalisé en partenariat avec l’association Amnesty International.
Quelle est votre actualité ou projet en cours ?
Je viens de sortir mon tout premier roman, Shorba, l’appel de la révolte, et j’ai mon deuxième livre en préparation depuis un bon moment. J’ai tous les éléments, je connais mes personnages… mais je n’arrive pas encore à m’y plonger vraiment. Je pense que je suis encore trop avec Shorba, mon premier héros. Curieux de savoir s’il va trouver son public, s’il va “devenir grand”. Il faut donc que je me remette aux nouvelles, pour penser à autre chose, profiter des textes courts avant de me replonger dans plusieurs mois dans le même récit. En parallèle, j’aimerais trouver des projets collectifs : ma courte expérience dans l’écriture de scénario et de théâtre m’a donné des envies d’écriture à quatre mains.
Quel est le livre qui vous a fait le plus rire, et pourquoi ?
C’est pas un livre, c’est une série. Je lis des San Antonioen gros une fois tous les deux ans, quand j’en croise un dans une bibliothèque… et chaque fois je pleure de rire. Littéralement. Et je trouve que c’est incroyable de ne pas arriver à finir sa page tellement on se bidonne, d’essayer de lire aux autres les phrases qui nous ont mis dans cet état, et de ne pas y arriver, de continuer à glousser, à pleurer, et en redemander. Il n’y a que les polars angoissants et les San Antonio qui peuvent vraiment m’empêcher d’éteindre la lumière le soir. Frédéric Dard prouve qu’on peut être un génie de la plume et se consacrer à faire rire les gens. Je trouve ça magnifique. Je crois qu’un de mes objectifs d’écriture, c’est de faire pleurer de rire mes lecteurs.
Et le livre que vous projetez de lire depuis des années ?
Marelle de Julio Cortázar. Les livres de Cortázar m’ont particulièrement marqué : j’ai toujours écris des textes réalistes et parfois maladivement “crédibles”. Puis quand je suis tombé dans les nouvelles de ce grand monsieur, j’ai vu qu’on pouvait s’amuser à secouer la réalité, à chatouiller la logique et la dramaturgie classique, sans que le lecteur - moi-même en l’occurrence - ne sorte du récit, bien au contraire. Pour mon père, Marelle c’était le chef d’œuvre de son auteur préféré. Il me disait qu’il fallait le lire deux fois, pour vivre l’expérience en entier, et qu’on s’en souvenait toute sa vie. Du coup, je ne l’ai jamais lu.
Comme une expérience ultime que je crains de vivre. Par peur de ne plus avoir de livre “absolument génial” sous le coude.