4e baromètre des relations auteurs/éditeurs
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1 145 auteurs de tous les domaines de l’édition ont répondu en fin d’année 2011.
La Scam (Société civile des Auteurs multimédia), en partenariat avec la SGDL (Société des Gens de Lettres), publie son 4e baromètre annuel des relations auteurs/éditeurs. Celui-ci témoigne d’une certaine crispation. Même si la majorité des auteurs s’estiment satisfaits… ils se révèlent plus critiques que lors de la précédente étude (2010) à l’égard de leurs éditeurs, particulièrement les auteurs universitaires, de livres scolaires, de documents ou d’essais.
Les différentes phases de la relation avec l’éditeur sont analysées :
- relation contractuelle & part créative de la collaboration : auteurs relativement satisfaits,
- exploitation commerciale de leurs œuvres & communication : auteurs peu satisfaits.
Le taux moyen de rémunération (droits d’auteur), quelques chiffres :
- supérieur à 10 % pour 9 % des auteurs,
- compris entre 10 et 8 % pour 54 % des auteurs,
- inférieur à 5 % pour 13 % des auteurs.
Le taux de rémunération est plus faible pour les auteurs de livres pratiques ou de livres jeunesse (1 auteur sur 2 au- dessous de 8 % ; seulement 1 auteur sur 4 atteint ou dépasse 10 %), et plus élevé en littérature générale, documents ou essais. En 2011, 61 % des contrats proposés comportaient un à-valoir (contre 64 % en 2010).
L’absence, la faiblesse ou la complexité des redditions de comptes est un constat très largement partagé. Moins de la moitié des auteurs reçoivent ce document – obligatoire – de la part de leurs éditeurs… Il reste difficile de mettre un éditeur en demeure de respecter la loi.
La Scam et la SGDL ont également tenté d’évaluer la part de l’édition numérique, et titrent ainsi le paragraphe consacré à ce sujet : “Numérique … beaucoup de bruit pour rien ou presque ?”
La part des contrats qui disposent de clauses numériques reste faible (37 %) tout comme la part de ceux qui disposent d’un avenant (18 %), chiffres surprenants compte tenu du discours par ailleurs volontaire des éditeurs sur le numérique.
La rémunération pour l’exploitation numérique se situe majoritairement au-dessous de 15 %, avec toutefois une proportion importante (19 %) à 50 %, mais sur une assiette qui n’est plus celle du prix public du livre.
De manière générale, les éditeurs proposent pour l’édition numérique un partage des droits équivalent à celui de l’édition imprimée. “La Scam et la SGDL dénoncent cette pratique, qui conduit à une baisse importante des revenus des auteurs (le prix du livre numérique étant inférieur d’environ 35 % à celui du livre imprimé), et regrettent que la question n’ait pas pu être abordée dans les négociations entre auteurs et éditeurs. Elles appellent les auteurs à la vigilance sur ce point important du contrat numérique.”
Un nouvel indicateur dans ce baromètre : la formation professionnelle des auteurs, devenue un droit en 2012. Un auteur sur deux n’en voit pas l’intérêt. L’ArL Paca, qui a initié dès 2011 des formations à destination des auteurs, voit cependant chaque session complète… Les formations les plus attendues concernent l’utilisation des nouvelles technologies (51 %), les écritures spécifiques dont l’adaptation audiovisuelle (45 %), la formation et l’information juridiques (45 %).
Retrouvez plus de détails et l’ensemble des résultats sur le site de la Scam (rubrique Actualités / Les dossiers).