Bib&book

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Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Marseille en gravure dans les années 80, Vincent Hanrot choisit très vite de s’orienter vers les techniques d’impression et l’univers du livre, pour lesquels il perfectionne ses connaissances à l’École d’Art de Bristol.

Il entre aux éditions Rivages en 1989 comme graphiste-maquettiste, et lors du rachat de la maison par Payot deux ans plus tard, s’associe à Babette Hini – alors graphiste au journal Libération – pour créer la structure Bik&book. L’idée est de construire une entreprise qui travaillera aussi bien dans le domaine du graphisme et de la création que dans celui de l’édition.

Aux commandes du pôle éditorial pour l’une et du graphisme pour l’autre, les deux compères vont œuvrer au développement de la structure, en prenant soin d’accompagner et de rendre visible les artistes de la nouvelle génération, mêlant édition culturelle et livres d’artiste. L’activité de graphisme permet de dégager la trésorerie qui servira à l’édition. Ils ont précédemment souffert de trop importantes productions et du rythme de publication imposé par les distributeurs. Il s’agit ici de “créer du sens”, de faire du bel ouvrage tant par curiosité que par passion. Mais le secteur reste modeste et leurs lecteurs trop peu nombreux. En 1995, Vincent Hanrot se retrouve seul et les projets éditoriaux sont mis en attente…

Bik&book redémarre son activité éditoriale au bout de trois ans en se repositionnant sur deux thématiques liées à l’art : l’architecture et les artistes contemporains. Rompu aux marchés publics, Vincent Hanrot développe les coéditions et les partenariats avec les musées, les Fonds régionaux d’art contemporain et les institutions. Quatre livres paraissent en dix-huit mois. Toujours qualitative, la structure a publié depuis près de 40 ouvrages et poursuit sa seconde activité.

Côté diffusion, chaque livre trouve son propre modèle et ses lieux de vente ; le tirage se fait en fonction des partenariats et des auteurs. Contraints par le manque d’espace et l’absence de distributeur, les tirages sont faibles et les stocks quasi inexistants. Idéalement, quatre livres devraient être publiés chaque année, si l’économie de la structure et le temps le permettent : “La difficulté de s’assumer en tant qu’éditeur m’a amené plus du côté du faire, de l’objet, et moins du côté du contenu. C’est le paradoxe de notre maison et des petits éditeurs : un savoir-faire reconnu mais une pression économique forte et la pression du temps qui parfois nous amène à travailler pour d’autres davantage que de nous attacher à développer nos propres collections.”