Bibliothèque de l'écologie et de la nature : une curiosité rare et précieuse
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40 ans de passion, 50 000 documents : l’histoire de la bibliothèque se confond avec celle de son créateur, Rolland de Miller. Son avenir reste à écrire.
Gap a son musée, son conservatoire et son inspection académique. Gap, comme toutes les villes, possède des recoins où se niche quelque trésor méconnu. C’est dans les anciens locaux des PTT que l’on peut découvrir, à condition d’être bien informé, l’insolite bibliothèque de l’écologie. Comment cet incroyable fonds a-t-il pu se constituer et atterrir ici, dans 150 m2 ?
En 1967, alors qu’il est salarié du Muséum d’Histoire naturelle au service de conservation de la nature, Rolland de Miller commence, sans vraiment le savoir, sa collection personnelle. Gérer des fonds documentaires, réaliser des bibliographies et rechercher des livres, il connaît : c’est son travail. Travail et passion s’entrecroisent, et chez lui les livres s’amoncellent. Parallèlement il s’engage dans de nombreuses associations préoccupées par “l’environnement”, - concept qui n’existe pas encore. Spiritualité, psychologie, urbanisme, architecture, sociologie : tout l’intéresse, pourvu qu’il y ait un lien avec la nature.
Il tisse une relation très importante avec le naturaliste et artiste suisse Robert Hénard, dont il devient le secrétaire pendant quinze ans, puis le biographe.
Fréquentation des bouquinistes, des librairies spécialisées : en 1977 il attrape le virus du livre d’occasion et du livre ancien. Les dons feront le reste…
C’est ainsi que 40 années de collecte ont permis de constituer ce fonds privé dont les thèmes s’articulent entre nature et culture dans leurs aspects scientifiques, historiques, politiques, économiques, artistiques, littéraires… Des périodiques (plus de 1 000 titres) à la littérature grise en passant par des archives d’origines institutionnelle et associative, et bien entendu par des livres, surtout : l’originalité de la bibliothèque, unique en son genre de part son caractère encyclopédique, tient à son approche interdisciplinaire.
Ni inventorié en totalité, ni catalogué et encore moins informatisé, le fonds se visite en quatre salles remplies du sol au plafond. Sciences naturelles, environnement et aménagement, culture et philosophie, peuples et cultures du monde : le classement est quelque peu aléatoire, et l’on s’attardera aussi bien sur la collection complète des livres de nature chez Stock (77 titres de 1928 à 1950), que sur de magnifiques illustrations florales anciennes ou l’une des 500 incroyables affiches patiemment accumulées, ou encore sur les rayonnages entiers de décisions du Conseil de l’Europe, de l’Union mondiale pour la Nature, de l’Agence européenne de l’Environnement !
La bibliothèque existe, et elle se cherche désormais un avenir. Accueillie dans des locaux mis à disposition par la ville de Gap, elle est actuellement fréquentée par des chercheurs, scientifiques et autres experts.
Son créateur souhaite en faire une bibliothèque d’utilité publique. Une association de soutien a donc été créée, afin de faciliter les démarches et de construire des propositions. À l’étude : le nécessaire centre d’animation intégrant formation, événements, conférences d’auteurs, ateliers d’écriture, édition de cahiers (textes inédits, illustrations de la pensée écologique, réflexions), expositions : toute une éducation à l’environnement.
Et demeure un rêve : la construction en adéquation au projet d’un bâtiment écologique exemplaire.
Partenaires publics et privés sont attendus.