Édition à façon, édition sur mesure : une fabricante de livres

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Isabelle Mercier s’est installée, en 2007, en profession libérale sous l’enseigne “L’édition à façon”, après avoir créé et géré la Sarl Interligne (micro-édition pour pme/pmi, associations culturelles, institutions et collectivités territoriales), puis exercé la fonction de chef de fabrication chez un éditeur de la région.

Avec L’édition à façon, Isabelle Mercier continue de proposer ses compétences - la fabrication d’un livre, ou d’une brochure, de a à z - à des éditeurs, des institutionnels, des associations.
Mais ce qui nous a semblé à la fois le plus original et le plus problématique (face au regard vertueux de la chaîne du livre), c’est son travail direct auprès des particuliers.
Son réseau est dense ; régulièrement sollicitée pour donner son avis sur des manuscrits, elle prodigue volontiers conseils sur le contenu, informations sur le projet éditorial et sa faisabilité.
Lorsque les projets ont déjà été écartés par les maisons d’édition traditionnelles ou lorsqu’ils relèvent d’une ambition intime ou familiale, elle suggère l’édition à compte d’auteur.

Ne persiflons pas trop vite : l’édition à compte d’auteur a eu ses lettres de noblesse aux temps où les éditeurs refusaient les manuscrits de Céline, de Proust, de Joyce !
Mais, dans le contexte actuel de l’économie du livre et lorsqu’on soutient un circuit de professionnalisation, il est juste de la vilipender.

En l’occurrence, il s’agit d’un chemin de traverse.
Pour cette partie de son activité, Isabelle Mercier ne travaille qu’avec des personnes qui maintiennent absolument leur volonté de transmettre souvenirs, violons d’Ingres ou convictions par le biais d’un livre. Certains espèrent la rentabilité, d’autres veulent juste offrir un cadeau à leurs proches et, bien sûr, tous ont soif de reconnaissance…
Avec eux, Isabelle Mercier travaille leur manuscrit – au départ de cassettes, feuilles dactylographiées, fichiers informatiques -, trie la documentation iconographique, prépare le livre puis le “fabrique” (avec ou sans sous-traitants, mais toujours avec un imprimeur choisi en fonction des paramètres du projet) et accomplit les formalités administratives liées à la publication (isbn, ean, dépôt légal).
Le devis est réalisé en fonction de l’état du manuscrit, de l’objectif de l’auteur et du tirage.
Elle informe sur le droit à l’image et la remise libraire, éléments totalement inconnus de ses “clients-auteurs” et valorise le métier de l’édition par la qualité de sa prestation. Cela participe sans aucun doute à la considération que lui accordent les pros du pays de Forcalquier (qui, rappelons-le, a obtenu le label de pôle d’excellence rurale “Pays du livre et de l’écriture”).
Dommage qu’elle n’ait ni le désir ni le temps d’entretenir un site en ligne pour présenter la diversité de son travail et partager ses étonnantes et touchantes rencontres. Peut-être en fera-t-elle, un jour, un livre !

Éditrice ? Au moins aux yeux et pour la fierté de ceux avec qui elle travaille.
Professionnelle du livre ? Certainement.