Herman Melville, Lewis Mumford

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“Laissons le lecteur considérer ce livre comme un point de repère, une borne en partie effacée, sur le premier petit chemin de campagne qui mène à la connaissance d’Herman Melville. À cette heure, le sentier est devenu une autoroute à six voies, tout encombrées […] d’autobus bondés de touristes en visite guidée. Ceux qui aiment s’attarder sur un ancien sentier tâcheté d’ombre n’iront pas si vite ou pas si loin : mais ils auront la liberté de rassembler leurs pensées propres, de humer la fraîcheur de l’air, d’apprécier le paysage et de cueillir sur les bas-côtés quelques fleurs pour eux-mêmes. […] Ma tâche de critique aura, selon moi, été accomplie si, à l’avenir, ils ne cherchent d’autre guide que Melville lui-même.” Ainsi se termine le prologue de Lewis Mumford à l’envoûtante biographie d’Herman Melville qu’il écrivit en 1929, près de quarante ans après la mort du Titan américain. Mais ce livre est aussi une rencontre, à un siècle d’écart, entre deux âmes sœurs. Mumford nous fait découvrir dans l’œuvre de Melville quelque chose que, disait-il, il avait lui-même échoué à exprimer pleinement : ce qu’il appelait “le sens tragique de la vie”, cette intuition que la grandeur humaine repose “sur un gouffre impénétrable”. Par-delà les rythmes de la houle et des grandes âmes de l’Ocean Tragedy. À noter la très belle couverture signée par le peintre Bessompierre.

Marie Huot
Médiathèque d’Arles

traduit de l’américain par Nicolas Blanc-Aldorf, Fanny Tirel, Patrick Chartrain et Irénée D. Lastelle.
424 p. format 15 x 22. 28 euros
ISBN : 978-2-911199-98-1
Édiitions Sulliver