L'office en question : les libraires entrent en résistance
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Depuis Les Rencontres nationales de la Librairie en mai 2011 (cf. Dazibao n°29 ), certains éditeurs et diffuseurs/distributeurs ont relevé leur remise libraire minimale.
Le calcul de cette remise concédée par les éditeurs et les diffuseurs aux libraires a longtemps obéi à deux critères : le quantitatif et le qualitatif. Une troisième variable d’ajustement de la remise est apparue dans les années 70 : l’office. Si le fait d’adresser “d’office” aux libraires l’ensemble ou une partie des nouveautés était pertinent lorsque la production annuelle ne dépassait pas 15 000 titres, cela le devient beaucoup moins à 38 000, tout au moins pour les librairies indépendantes – dont la surface n’a pas ou peu évolué. Et les outils d’information sont tels que le risque est faible de voir un bon livre échapper à un libraire…
En amont, l’office reste bien souvent une stratégie utilisée par les distributeurs pour inciter les éditeurs à pratiquer de trop forts tirages, lesquels génèreront de forts retours… et une économie d’ensemble tendancieuse ! En aval, certains distributeurs vont même jusqu’à baisser en deçà de 30 % la remise aux libraires qui refusent l’office.
À l’usage, plusieurs types d’offices se sont ainsi développés, qui agissent bien sûr sur le taux de marge accordé : le tout-à-l’office consiste à recevoir l’ensemble des titres produits par un éditeur, et l’office sélectif permet de ne choisir que des collections ou des thématiques. De plus en plus de libraires refusent les offices… ou tentent ce tour de force, certains distributeurs n’hésitant pas à imposer leur loi : c’est ce qu’on appelle les “offices forcés” !
Pour le libraire l’équation est simple : comment gérer une activité à faible marge sans avoir au moins la maîtrise complète de ses achats et leur acheminement ?
C’est pour agir contre ces pratiques qui asphyxient littéralement la librairie indépendante que le SLF, en association avec les groupements nationaux et régionaux de libraires, entend dorénavant facturer aux “mal agissants” le coût que représente ces envois forcés. Ainsi un barème d’indemnisation au colis a-t-il été mis en place à compter du 7 juillet dernier. Cette indemnisation est calculée sur un poids moyen au colis et comprend : une part des frais de port aller et retour, le traitement de la réception, la gestion commerciale de la réclamation, le traitement et la préparation du retour, l’administration comptable des crédits retours. Soit une indemnité de 30 € HT par colis retourné, lequel fera l’objet d’une facturation à l’éditeur et/ou au distributeur et l’envoi d’un fax au SLF.
Le bras de fer a commencé.