La bio, entre business et projet de société

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Sous la direction de Philippe Baqué

Agone entre à nouveau en résistance avec cet ouvrage collectif qui pose la question du sens dans l’agriculture et le marché biologiques.
De la Colombie à Israël, de la Bolivie au Maroc en passant par la France, tous dénoncent le manque de transparence des autorités administratives (françaises, Union Européenne, OMC) en charge des organismes certificateurs autorisant des aliments “bio” importés de l’autre bout du monde. L’impact négatif d’une empreinte écologique qui va à l’inverse de l’idéal “bio”, et les conséquences désastreuses pour les petits producteurs de tous pays sont pourtant bien réels. Mais qui s’en préoccupe ? Sûrement pas les géants de la distribution (principalement français) qui ne cherchent qu’à augmenter leurs marges bénéficiaires et perdent le consommateur dans un dédale de désinformation par étiquetages mensongers, détruisant au passage les marchés locaux. À cela s’ajoutent les lobbyings européens et nord-américains de semenciers et d’industriels en pesticides, insecticides et autres engrais, qui s’autorisent certifications ou menaces, expropriations et interventions paramilitaires (avec mort d’homme). La liste est longue.
En dépit du sentiment d’écrasante impuissance qu’il dégage, l’ouvrage met en lumière le combat de paysans qui se battent pour conserver les méthodes de culture et d’élevage d’une réelle agriculture biologique, qui distribuent leurs produits via des filiales dignes et de bonne foi, ou directement sur les marchés de plein vent.
Accessible à tous, cet essai mené avec beaucoup de sérieux se présente comme le bilan d’un pouvoir en marche. Il nous informe et nous invite non seulement à rester sur nos gardes, mais encore à nous en mêler.

Xavier Pène
Librairie de l’Arbre,
Marseille (13)

ISBN : 978-2-7489-0170-2
2012 – 22 euros
Éditions Agone