La Monnaie de singe
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ou l’art de payer en grimace ou en tour de passe passe…
La rue Consolat à Marseille, place forte de la culture alternative locale, accueille la médiathèque alternative et militante, Mille Babord, le siège du journal satirique C.Q.F.D., des galeries et des lieux de programmation musicale (la Meson ou la Ferronerie…). Depuis le mois de mai, un nouvel espace a ouvert ses portes : Monnaie de singe.
Le concept est difficile à expliquer : ¤ Médiathèque ? ¤ Librairie ? ¤ Éditeur ? ¤ Autres ?
À préciser : …………………………………………………………………………………………………
À première vue, cela ressemble à une bibliothèque : on peut y emprunter des livres. Le fonds est constitué de dons et de livres troqués avec les maisons d’édition La Fabrique, Les Prairies ordinaires… À y regarder de plus près, des ouvrages sont également proposés à la vente. Le concept tient donc aussi d’une librairie dont le fonds est alimenté de dépôts d’éditeurs indépendants souhaitant rester en dehors des sentiers abattus. Enfin, des brochures, livrets et autres cartes postales sont édités par la Monnaie de singe. Un peu éditeur, donc ?
Quelle que soit l’entrée, quelle que soit la forme, on trouve ici beaucoup de micro-édition, de productions glanées ici ou là en France, au gré des rencontres, des visites chez les éditeurs.
En bref : des fanzines, des journaux, des revues, des graphzines1, une sélection d’infokiosques2, des cartes postales à prix libre3.
Cet été, un camion librairie a circulé dans des festivals autogérés, dans des bars ou dans des lieux où le livre n’est pas qu’une marchandise. Des ambassadeurs en culotte courte pour de petites maisons d’éditions souvent sans diffuseur (Dernier cri, La Courte Échelle, La Hache du rit, Acratos, Vidange l’auberge floue, Petits papiers…), et pour d’autres passant par des distributeurs indépendants (Anacharsis, Chien rouge, Cris et écrits…).
Autre pratique de la Monnaie de Singe, les Ateliers Boule-ficelle : petites boules de fibres végétales qui emprisonnent momentanément des graines. Ces étranges boulettes sont alors abandonnées dans des fissures urbaines (gouttières, plis de trottoirs, failles…) : la subversion par le jardinage ou la guérilla potagère.
Munissez-vous d’un livre ou d’autre chose à troquer, venez consulter sur place, emprunter des auto-productions ou acheter des livres, vous passerez un agréable moment qui ne ressemblera à aucun autre dans cet espace qui échappe volontairement aux discours et échanges convenus.
Qui sont-ils ? On ne le saura pas. Ont-ils envie que l’on parle d’eux ? On ne le saura pas non plus !