“Toi aussi, tu as des armes”, poésie et politique

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Éric Hazan, directeur de La fabrique, a réuni exceptionnellement des auteurs différents dans un ouvrage interrogeant la fonction politique de la poésie. Forme ou fond font-ils ou fondent-ils l’engagement, ou bien les deux ? “Langagement” (cité par Jean-Marie Gleize) est un moment de l’histoire de l’“action poétique”, et cette dernière encore une autre démarche de l’action politique. Le terme traverse d’ailleurs le livre, avec ses lieux, ses projections, ses suspensions, ou encore ses contextes et ses dispositifs (Christophe Hanna), ses assertions et ses prophéties (Nathalie Quintane), ses limites et sa restriction (cf. l’“action restreinte” selon Mallarmé, ici rappelée par Jean-Christophe Bailly). Et de nous entraîner vers l’oubli actuel du poème, Bailly, par détour vers un texte de Stéphane Bouquet (Un peuple), évoque Solon : l’un des fondateurs de la démocratie grecque, législateur, grand poète, et c’est dans et par le poème qu’il narrait l’histoire, décrivait les formes de vie de la cité, prescrivait le statut des citoyens… “Depuis, la poésie n’a plus jamais cessé de voir son rôle décroître parmi les hommes.” Un chant est-il encore possible ?, demande ailleurs Bailly.

Colette Tron
Auteur et directrice de l’association Alphabetville,
Marseille (13)