Le Bleuet change de mains

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Après avoir évité la liquidation judiciaire en 2015, la librairie de Banon (04) vient d’être rachetée par Marc et Isabelle Gaucherand.


Les premiers pas du Bleuet

En 1990 quand Joël Gattefossé pose ses valises à Banon, peu de monde mise sur la réussite de son projet : ouvrir une librairie indépendante dans un village d’un peu plus de mille habitants. Il faut dire que le pari est osé. Trente ans plus tard, Le Bleuet représente 170 000 références, 17 emplois, 2,2 millions d’euros de CA et une clientèle composée à 10 % de banonais et de bas-alpins, et à 90 % de personnes venant de la France entière, d’Allemagne, de Suisse, d’Angleterre, etc.

Il n’en faut pas plus pour motiver le libraire à développer une offre au-delà des frontières de sa ville en créant une structure de vente en ligne pensée pour “concurrencer Amazon”, ni plus ni moins. Ce fut malheureusement le projet de trop pour Joël Gatefossé qui vit son entreprise entrer en redressement, puis en plan de sauvegarde. Trop de stocks tue le stock…


Une première reprise délicate

Avant que la liquidation financière ne soit prononcée, la librairie est reprise en janvier 2015 par Christine Rey, professeur de musique à Avignon. Habituée des lieux, elle n’imagine pas que celui-ci puisse fermer. Après un investissement de 150 000 euros, elle en devient donc la nouvelle gestionnaire. Mais c’est sans compter sur un loyer important et sur la difficulté réelle à prendre la suite d’un tel projet. 18 mois plus tard, elle remet la librairie en vente.


Un projet sérieux et prometteur

C’est alors que Marc et Isabelle Gaucherand, originaires de la région lyonnaise, proposent de racheter la librairie. En place depuis maintenant six mois, ils ont d’abord souhaité conserver l’âme du lieu, son stock mirobolant, cher et qui tourne peu, mais qui structure l’identité du Bleuet. Ils ont redimensionné les stocks, pérennisé le fonds de roulement, rassuré les salariés, relancé les animations et espèrent bien retrouver progressivement l’activité des folles années.

Installés avec la volonté de rester, ils cherchent aussi à acheter les murs pour ne pas être contraints par un loyer trop important qui ne correspond plus au volume de l’activité. Autre solution envisagée : le rachat par la mairie, qui assurerait ainsi à la ville la présence pérenne de cette librairie. Rappelons que Le Bleuet génère près de 50 % du CA de l’ensemble des commerces de Banon, qui a également vu son rayonnement croître grâce à la librairie.

Un beau challenge à la hauteur du dynamisme et de la volonté de ces deux nouveaux libraires.