Le Flibustier

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Après un DEA de philosophie et une licence professionnelle édition réalisée à l’IUT des métiers du livre d’Aix-en-Provence, Alban Briac devient, en attendant mieux, correcteur indépendant pour des éditeurs et des magazines, dont la ligne éditoriale va du bien-être aux programmes télévisuels. Ces travaux “scandaleusement mal payés” sont bien loin de ses aspirations, il décide donc de créer sa propre maison. Ainsi naissent les éditions “La première heure”, qui reprennent pour les valoriser des textes classiques, brefs et autonomes, des petites curiosités, des extraits d’ouvrages hors droits – comme la préface aux Histoires extraordinaires d’Edgar Poe rédigée par Baudelaire. Tous les livres et brochures sont réalisés par l’éditeur en fonction des placements et commandes.

Les manuscrits arrivent et avec eux l’envie de développer une autre ligne éditoriale, davantage tournée vers la critique sociale, politique et individuelle. Alban Briac crée alors, en 2009 à Marseille, les éditions Le Flibustier, toujours pour la réédition de textes mais aussi pour donner leur chance à de jeunes auteurs. Il se tourne d’abord vers les classiques, les contestataires, les penseurs en opposition avec leur temps comme le fut par exemple au 19e siècle Barbey-d’Aurevilly, puis il se tourne vers des textes plus libertaires. “Je n’avais pas d’attentes particulières. J’aime faire des livres, participer à la diffusion des idées”.

Le Flibustier est un jeune catalogue de sept titres, suivi par une soixantaine de librairies en France et présent sur près de douze salons à l’année. La moyenne des publications est de 3 à 4 titres pour les deux maisons, le tirage moyen de 100 à 200 exemplaires. Confronté aux difficultés de la petite édition, Alban Briac a appris la complexité d’exister dans le réseau traditionnel de la librairie : “Au départ j’ai été agréablement surpris par l’accueil des libraires. Rapidement ils ont accepté de travailler avec la maison. Mais je me disais qu’une fois qu’un éditeur est connu, que des titres se sont vendus, il n’était plus nécessaire de travailler ces librairies. En fait, il faut défendre chaque titre, ce qui rend plus difficile encore le démarchage quand on est seul ! Et puis, il faut parfois batailler pour récupérer sa trésorerie… ”

La structure fonctionne en auto entreprise et travaille en flux tendu, parfois en prestation de services pour assurer sa rentabilité. Elle évolue sans aides publiques, un peu par idéologie mais surtout par manque de temps, et les publications se décident au cas par cas, selon l’état de la trésorerie…