Le Jardin des Lettres

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Libraire pendant près de seize ans dans la région lyonnaise, Catherine Fousse s’installe en 2004 à Saint-Maximim-la-Sainte-Baume, une ville alors sans librairie, seulement une maison de la presse. Elle se renseigne auprès des habitants, démarche les écoles et, face à l’engouement qu’elle rencontre de toutes parts, trouve un local dans la grande rue qui mène à la Basilique et crée Le Jardin des Lettres.

Elle fidélise très vite une clientèle et obtient les marchés des écoles et des bibliothèques locales. Elle s’occupera seule du lieu pendant près de dix ans, aidée pour les fortes affluences par une salariée à temps partiel. Mais la ville cède aux sirènes des centres commerciaux et des hypermarchés… La trésorerie en souffre rapidement et, malgré un bon chiffre d’affaires, la librairie se voit contrainte de déposer le bilan en octobre 2011, ou de trouver un repreneur.

Fraîchement installé dans le Haut Var, Gérard Despré quant à lui met à profit la cession de sa précédente librairie (Les Templiers, à Gisors) pour reprendre en 2010 Le Bateau blanc à Brignoles. Sensible au maillage des librairies sur le territoire, il cherche à rencontrer ses confrères pour essayer de travailler avec eux. Quand il apprend que Le Jardin des Lettres va fermer il se porte acquéreur, avec l’intention de mutualiser les fonds et les marges. La librairie conserve son nom et maintient Catherine Fousse au poste de responsable du magasin, laquelle remercie énormément le repreneur : “Il m’a donné la chance de continuer l’aventure que j’avais démarrée en 2004. Quand il est venu j’étais sur le point de travailler pour la maison de presse. J’ai eu beaucoup de chance qu’il ne veuille pas juste reprendre mes marchés !” Pour les deux enseignes, ce rapprochement a permis de diminuer les coûts, remettre le stock en place, améliorer les marges, développer des animations, faire venir plus d’auteurs, renforcer les liens avec les collectivités.

Le Jardin des Lettres compte aujourd’hui près de 6 000 ouvrages dans 40 m2. Pas de spécialisation, mais des rayons scolaire et jeunesse qui s’étoffent grâce au travail avec les écoles et aux expos-ventes organisées dans les établissements pour sensibiliser les jeunes au métier de libraire. Le fonds régional est également bien présent, du fait de la situation géographique de Saint-Maximin et du plaisir de la libraire à travailler avec les auteurs régionaux. La librairie fait partie des nouveaux partenaires du Prix des lycéens et apprentis de la région Paca.