Le voyage créatif des Éditions Pythéas
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Atypique et artisanale, cette petite maison d’édition installée à Vauvenargues (13) crée toutes sortes d’objets littéraires : lettres, carnets, cahiers, revue, cartes postales… tous fabriqués à la main par un passionné de curiosités.
Les éditions Pythéas cheminent, ruminent, inventent, voyagent, avec pour ligne éditoriale un nomadisme assumé. D’où ce nom, Pythéas, en hommage au célèbre penseur marseillais, contemporain d’Aristote, voyageur, scientifique, touche-à-tout, qui traversa des mers, cartographia des îles, expliqua les marées et chercha à démontrer que la terre était ronde.
À l’origine de cet OLNI (Objet littéraire non identifié) se trouve Ludovic Iacovo, jeune diplômé en arts, qui à travers ses rencontres et sa sensibilité commence à esquisser un projet : des fragments, des cartes postales, des carnets. Ne lui dîtes surtout pas qu’il est original car, comme Jean Renoir, pour lui, être original : « c’est tout faire pour être comme les autres, et ne pas y parvenir ». Or cette maison d’édition ne souhaite pas parvenir, mais bien continuer à errer, découvrir, surprendre.
Invité en 2016 par le Festival les Carnets de La Roque d’Anthéron, son travail surprend et plaît. À tel point qu’il devient prestataire pour l’association organisatrice de l’événement. Commence alors une nouvelle histoire, celle d’une revue, construite comme un cadavre exquis. Dans les cahiers qui la composent, les auteurs vagabondent, dessinent, illustrent, triturent, déchirent, collent, se superposent. Au-delà du sens, l’éditeur recherche une esthétique, dans une relation entre écriture et image.
Aujourd’hui, les éditions Pythéas se déclinent en trois collections
Les lettres de Pythéas : “lettres quotidiennes”, aussi bien adressées à un jeune chat qu’à une cafetière italienne, et “lettres classiques”, empruntées au domaine public, comme les Lettres à la liberté de Courbet, les Lettres à Ménécée d’Épicure ou lesLettres à la fiancée de Victor Hugo. Des lettres qui « portent en elles un message bien plus grand que l’intimité à laquelle elles s’attacheraient ».
Les carnets de Pythéas reflètent la pensée, un regard, des idées vagabondes et légères, profondes ou désinvoltes, des bribes de mémoire ou un pense-bête organisé. Contemplatifs, ils se présentent sous forme d’herbiers, de jeux de couleurs, explorent la nature et le quotidien. Comme face à un tableau, on cherche à comprendre le sens, ou simplement on observe.
Les cahiers et revues s’ouvrent à différents créateurs, somme d’extraits de carnets, de créations originales. Le volume (La) Main courante réunit des extraits des carnets de René Fregni, Michéa Jacobi, Pauline Sauveur, Pascal Lefebvre, Laurent Herrou et bien d’autres. Comme un cadavre exquis, avec en toile de fond l’intime, la spontanéité, les ratés, les ratures, les cris (l’écrit).
Côté fabrication, tout est fait à la main en fonction des commandes ; pas de (sur)stock, mais une économie en devenir…