Nouvelle collecte d'Histoires vraies en milieu carcéral

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Suite à un bilan particulièrement positif et pour la deuxième année consécutive, l’Agence lance un appel à participation auprès des services d’insertion et de probation des établissements pénitentiaires de la région Paca.

Ce projet vise principalement des publics non francophones incarcérés pour lesquels peu d’actions culturelles sont proposées. Le dispositif choisi s’articule autour du concept développé par l’écrivain François Beaune : Histoires vraies de la Méditerranée ( www.histoiresvraies.org ). Une histoire vraie se collecte dans la langue maternelle de la personne qui raconte. Collectées au micro par un binôme d’écrivain et de traducteur littéraire, elles sont  par la suite traduites et retravaillées pour l’écrit par l’écrivain et le traducteur, puis restituées aux détenus oralement.

Ce dispositif a été mis en œuvre une première fois de décembre 2015 à avril 2016 – en collaboration avec l’association Histoires vraies de la Méditerranée – dans 4 établissements pilotes en région Paca avec des groupes de détenus arabophones et roumanophones. Pour ces 4 établissements pénitentiaires, l’ArL a concocté 4 binômes qui sont intervenus durant 10 séances auprès de groupes de détenus :

  • détenus roumanophones au Centre pénitentiaire des Baumettes (Marseille) avec Clara Le Picard (auteur de théâtre et comédienne) et Laure Hinckel (traductrice littéraire du roumain) et au Centre de détention de Tarascon avec François Beaune (écrivain) et Laure Hinckel (traductrice littéraire du roumain).
  • détenus arabophones au Centre pénitentiaire de La Farlède avec Cédric Fabre (écrivain et journaliste) et Lotfi Nia (poète et traducteur littéraire de l’arabe).
  • détenus mineurs à La Valentine, Marseille où sont intervenus Mathilde Chèvre (traductrice de l’arabe, auteur et éditrice) et Thomas Azuelos (auteur et dessinateur de BD).

Au cours des séances de travail, le détenu participant choisit librement de confier une histoire dans sa langue grâce à la présence d’un traducteur littéraire. Cette histoire, donne à voir quelque chose que la personne considère comme digne d’intérêt.

À chaque séance, les ateliers ont regroupé une dizaine de détenus non francophones très assidus. Leurs retours particulièrement positifs ont mis en avant une forme de reconnaissance ainsi que le fait de pouvoir s’exprimer et lire dans sa propre langue, de donner écho à des histoires individuelles qui souvent rejoignent des histoires collectives.
Nombre d’entre eux ont ensuite souhaité accéder à des livres dans leurs langues d’origine, et ainsi renouer avec la lecture.

Les Histoires vraies du dedans 2015 seront disponibles à l’écoute sur le site Histoires vraies et publiées dans un livret.

Ce projet a reçu de nombreux soutiens : La Direction régionale des Affaires culturelles, la direction interrégionale des services pénitentiaires, la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse, la Région Paca, la direction générale à la langue de France et la Sofia.