Nouvelle médiathèque d'Antibes : sept ans de réflexion (et de travaux)
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Sait-on qu’Antibes Juan-les-Pins est la deuxième ville des Alpes-Maritimes ?
73 000 habitants au sein de la CASA (Communauté d’Agglomération de Sophia-Antipolis, 165 000 habitants) dont elle est la ville centre. Avec seulement 13 000 inscrits et 220 m2, la lecture publique y faisait bien grise mine. Naguère.
Depuis le 11 décembre 2006, l’épopée de la médiathèque d’Antibes est enfin terminée.
Un terrain en plein centre ville, un sous-sol traversé par une rivière, le recours à un appel d’offre découpé en vingt et un lots, la mort de l’architecte Pierre Riboulet pendant le chantier, le transfert du personnel municipal à la CASA en 2005, celui du bâtiment en 2007… difficultés et rebondissements ont jalonné les sept ans nécessaires à la conduite du projet. Au final : une vraie réussite.
Dès l’origine, les maîtres mots ouverture et transversalité guident la réalisation vers un ensemble cohérent et fluide. Traduction en deux chapitres pour un seul (bel) ouvrage : l’architecture et l’organisation des collections.
Le rendu visuel extérieur mise sur la simplicité : le bâtiment s’intègre discrètement dans le quartier. C’est de l’intérieur qu’il révèle toute sa richesse. Les matériaux sobres, bois, verre et béton s’articulent en un jeu de transparences et de lumières. Les espaces en demi-niveaux se déclinent autour d’un atrium central, reliés entre eux par des escaliers et deux rampes obliques. Le tout est servi par une acoustique très travaillée : indispensable dans un lieu sans cloisonnements où chaque secteur communique avec les autres.
Des collections multimédias et multisupports à tous les étages :
- De plain-pied : l’attractive salle d’actualité-information dispose notamment d’une vitrine à l’angle de deux rues passantes.
- Puis, par demi-niveau, on retrouve : un grand service musical à la hauteur de la réputation de la ville, bien sûr fondée sur le fameux festival de jazz, mais aussi sur celui d’art sacré ; un important service documentaire destiné sans distinction aux adultes et aux enfants ; le service fiction enfants ; le service fiction adultes, puis perché tout en haut, le patrimoine.
L’administration surplombe le tout. Un parking complète l’ensemble.
Entre autres points notables : 120 postes informatiques assis ou debout, une salle d’écoute collective insonorisée, une terrasse destinée à accueillir des ateliers d’herborisation, un choix de documents en anglais et en italien, des CD pouvant être écoutés sur place grâce à un “personnal digital assistant”, un espace bouquins câlins pour les enfants (très prisé par les ados qui aiment s’y allonger !).
Le repérage est aisé : les banques d’accueil sont toutes situées du même côté du bâtiment, à l’entrée de chaque service, jouxtées par les réserves correspondantes ; la banque de prêt retour est centralisée au rez-de-chaussée, avec les inscriptions.
Dans le hall, un auditorium doublé d’une salle d’exposition est utilisable y compris en dehors des heures d’ouverture de la médiathèque.
Le bâtiment est pensé en termes d’animations interdisciplinaires : les choristes en répétition pourront croiser les assistantes maternelles venues aux petits déjeuners organisés… de quoi augmenter rapidement les 12 000 nouveaux inscrits en 1 mois et demi.
Deux regrets cependant : l’auditorium déjà trop petit, et l’absence de café qui, intégré au projet, aurait rendu le lieu encore plus convivial.
Marie-Hélène Cazalet, qui a suivi et porté le projet de A à Z, n’entend pas s’arrêter là. Son gourou n’est autre que Blaise, le poussin masqué de Claude Ponti dont elle adopte la devise : “Quand c’est bien, c’est jamais trop”.