Quels biens culturels pour les “digital natives” ?
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Quelles sont les attentes et les habitudes des jeunes de 15 à 24 ans “nés avec le numérique”, envers les biens culturels dématérialisés ? C’est la question que se posent le CSA et l’Hadopi à travers une étude publiée fin janvier 2013. L’étude a été menée de façon qualitative auprès de six groupes de jeunes répartis selon trois classes d’âge : 15-18 ans, 19-21 ans et 22-24 ans.
Étonnamment, ce sont les 15-18 ans qui semblent les plus concernés par le droit d’auteur, alors que la tranche intermédiaire est tout à fait décomplexée quant aux pratiques illégales et que les 22-24 ans sont le plus souvent indifférents.
L’accès aux contenus culturels dématérialisés se fait principalement en streaming pour les séries, les vidéos ou la musique. Le streaming est considéré par tous comme une pratique légale, alors que le téléchargement revêt l’aspect d’une “pratique sérieuse” et le “peer-to-peer” (mises à dispositions de fichiers depuis son ordinateur) celui d’une action de partage illégale beaucoup plus grave.
En ce qui concerne la perception et les attentes des jeunes vis-à-vis d’internet :
- en premier lieu, la notion de gratuité pour les biens immatériels leur semble naturelle ;
- viennent ensuite la disponibilité et le confort : les jeunes veulent accéder à internet partout et en tout lieu ;
- troisième point souligné, l’universalité du net : abolition des frontières, partage de l’information sans contraintes.
Concernant les pratiques culturelles :
- la musique s’écoute partout et tout le temps ;
- les films et les séries représentent un moment de détente, mais qui tourne parfois à la consommation boulimique ;
- les jeux vidéo sont consommés ponctuellement ;
- la pratique de la lecture de livres se cantonne majoritairement aux BD et mangas.
Les jeunes soulignent toutefois que la surconsommation d’internet peut mener au repli sur soi et comporter des risques liés à l’identité.
Le plus éloquent reste la différenciation entre les biens matériels et immatériels. Le matériel est associé à l’émotion, au respect et au… payant ; il permet de conserver ses biens, mais en raison du coût cette consommation est occasionnelle. L’immatériel est associé à l’immédiateté, la rapidité et l’interactivité ; le pratique prend le pas sur l’émotionnel et les biens culturels ne sont plus alors considérés comme précieux…
Face à la loi, leur posture est très proche de l’indifférence tant ces pratiques sont ancrées dans le quotidien. “Les pratiques illicites sont appréhendées sous un angle quasi- ludique.”
Enfin, un site de biens culturels idéal répondrait à leurs yeux à des principes de choix et de diversité, offrirait des exclusivités et des “bons plans”, un tarif plus démocratique (les forfaits par exemple), une qualité optimale de son et d’image, et une rapidité de navigation.