Se tenir compagnie hors des sentiers battus
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La compagnie, lieu d’expémentation dédié aux arts plastiques, repousse les limites du possible pour laisser l’art devenir autre.
Résidences, expositions, interventions dans l’espace public, débats, ateliers, éditions, tout est possible sans contours prédéterminés ni imposés à la compagnie. Ici l’on interroge les frontières entre l’art et la vie, la démarche et l’œuvre, le lieu et son quartier, on pratique une pensée singulière qui trouve un espace où se manifester, échanger et se confronter.
L’association, sise depuis sa création en 1990 au cœur du quartier Belsunce, a débuté ses pratiques artistiques dans la rue avant de s’installer dans les locaux actuels (400 m2), rue Francis de Pressensé, toujours à Marseille. Deux collectifs d’artistes se sont succédés et, avec le temps, la dernière équipe a subi certaines recompositions. Aujourd’hui, Vincent Bonnet, David Bouvard, Hélène Deriu, Paul-Emmanuel Odin et Marie-Claire Verdeau se réunissent chaque semaine pour décider ensemble de leurs choix artistiques et de la gestion du lieu.
De désirs individuels émergent des propositions d’expérimentations visant à élaborer des formes nouvelles, franchir des limites, concrétiser des idées. À ce collectif s’ajoute une équipe technique et administrative, composée de six salariés en emplois aidés.
À la compagnie, des artistes osent des expériences irréalisables ailleurs, ne serait-ce qu’au niveau du temps accordé : l’impulsion de départ, le cheminement et la finalité de chaque idée se construisent dans la durée. Qui plus est, chaque projet peut revêtir la forme qui lui convient, à condition qu’elle favorise une rencontre, quelle qu’en soit la nature.
En parallèle, la ligne éditoriale se nourrit de propositions centrées sur les arts plastiques, sous forme de cartes blanches données à un artiste à partir d’expériences menées in situ.
La revue de création L’Intraitable, comme le nouveau gratuit A.R. : Accusé de Réception ou les livres, reflètent de la diversité des approches de la compagnie,.
L’Intraitable, revue sans objet née en 2006, paraît deux à trois fois par an et coûte 10 euros. Tiré à 1 500 exemplaires, le numéro 0 d’A.R., entre affiche et dépliant, est quant à lui paru en juillet 2007 et rend compte d’un travail artistique au-delà des frontières spatio-temporelles.
L’absence de livre sur Gary Hill, de Pierre-Emmanuel Odin, est la dernière parution des éditions de la compagnie,.
À l’intérieur de ces trois axes de publications, chaque “nouveauté” est une production autonome.
Présente sur le Marché de la Poésie pour la première fois cette année, au Salon de la Revue sur le stand du cipM, au Salon Light1, la compagnie, témoigne d’une volonté de faire connaître, voire reconnaître leur travail éditorial.
Dans un esprit affirmé d’ouverture et de collaboration, la compagnie, a accueilli, le temps de Lire en fête, LMX pour une présentation de livres d’artistes et un programme ambitieux sur le thème “Habiter Marseille – pratiques urbaines / territoires du livre”.
Nombreuses dans notre région sont ces initiatives protéiformes. Espaces de recherche et de création dans le domaine de l’Art contemporain, LMX2 à Marseille, La Fabrique sensible3 à Arles, Plaine pages à Barjols, Analogues à Arles4, Vis-à-vis à Marseille, les éditions Le mot et le reste, la revue de dessins Toc de la galerie Smp à Marseille…, utilisent ainsi des vecteurs multiples et refusent de s’enfermer dans des genres déterminés. La meilleure posture, peut-être, pour se tenir compagnie hors des sentiers battus.