Théâtre Joliette-Minoterie
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Nouvellement implanté dans le secteur Joliette/Arenc (Marseille), le Théâtre de la Minoterie se nomme désormais : Théâtre Joliette-Minoterie. Installé dans un ouvrage de plus de 1 800 m2 réalisé avec le concours de la Ville de Marseille, de l’Établissement public d’Aménagement Euroméditerranée, du Conseil général des Bouches-du- Rhône et du Conseil régional Paca, le théâtre programme spectacles et résidences, et collabore avec des acteurs culturels majeurs, dont ActOral, DanseM, Marseille objectif DansE, la Biennale des écritures du réel.
Dans le hall de l’établissement, un lieu ressource : la bibliothèque de théâtre contemporain. Créée en 1993, ouverte au prêt et à la consultation sur place, la bibliothèque de la Minoterie détient un fonds spécialisé théâtre de près de 9 000 pièces, d’ouvrages théoriques et de revues dédiées au spectacle vivant. Auxquels s’ajoutent les textes issus de la programmation du lieu : cabarets littéraires, ateliers d’écriture, ateliers de lecture et d’écriture, rendez-vous avec des auteurs…
À la construction, la direction a souhaité que le 1 % artistique (procédure spécifique de commande d’œuvres d’art à des artistes) soit entièrement dédié à la bibliothèque.
Ainsi, Franck David a-t-il été sollicité pour la commande suivante : “L’œuvre artistique à concevoir et à réaliser privilégiera l’espace d’accueil. La porosité entre les espaces intérieurs et extérieurs, la notion de disparition et de dématérialisation qui qualifie la démarche architecturale pourrait constituer un fil conducteur artistique”. L’artiste plasticien a recouvert la totalité des livres de la bibliothèque avec un papier monochrome phosphorescent. Ce papier opère comme un matériau vivant, d’abord d’absorption de la lumière, puis dans la pénombre ou noir total, de restitution de la lumière absorbée.
“La simplification des couvertures par ce papier n’empêche pas l’usage des livres, le titre et l’auteur restent bien inscrits sur la première de couverture et le dos du livre, afin que l’emprunt et sa classification en soit rendu possible. Cette simplification permettra peut-être de ne pas mettre en avant quelques livres en particulier, par l’intermédiaire d’outils de communication comme des images ou des couleurs, codes visuels qui nourrissent les couvertures auxquels nous sommes trop habitués, mais au contraire de nous offrir la possibilité d’une perte et donc d’une promenade au sein du fonds. Donnant à chaque livre la possibilité d’une découverte ou redécouverte par 11 la simple lecture des titres et des noms d’auteurs.” L’œuvre artistique est empruntable. La bibliothèque devient un repère visuel extérieur/intérieur.