Thomas Vinau
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Poète et romancier, Thomas Vinau – né à Toulouse en 1978 – se qualifie lui-même d’“écrivain-fenêtre”. Il observe le monde avec humour et humanité, de son petit bout de campagne pertuisienne où il vit depuis une dizaine d’années avec compagne et enfant.
De sa jeunesse entre le Lot et la Guadeloupe, l’auteur n’évoque qu’une “scolarité erratique” et surtout, dès l’âge de 15 ans, la mise en place de diverses stratégies “pour avoir le temps de lire et d’écrire”. Le leitmotiv de toute une vie… Alors qu’il entreprend des études d’ethnologie et de sociologie à Montpellier, sa route croise celle d’Émilie Alenda, étudiante aux Beaux-Arts originaire de Pertuis (cf. illustrations Dazibao n°30 ), qui deviendra la mère de son fils. De petits contrats en périodes de chômage, Thomas Vinau court après une situation professionnelle compatible avec sa pratique quotidienne de l’écriture, tente le concours d’assistant qualifié du patrimoine, pour trouver finalement un poste à temps partiel au service culturel de la ville de Cadenet.
Adepte de littérature américaine, il produit des novellas – sans grand succès –, jusqu’à son arrivée à Pertuis qui marque une étape décisive. La poésie – qui peut, découvre-t-il, être drôle et en prise directe avec la vie ! – modifie tout son rapport à l’écriture. Brautigan, Bukowski, Carver, Jaccottet… pendant plusieurs années, il ne lit et n’écrit plus que de la poésie. Avec internet comme fenêtre ouverte sur le monde : il déniche des micro-éditeurs, démarche des revues, établit de nouveaux contacts. C’est ainsi qu’il devient contributeur de la Revue des ressources (en ligne) et de Décapage, revue littéraire dont il apprécie particulièrement le ton et dont le directeur éditorial, Jean-Baptiste Gendarme (cf. Dazibao n°20 ), deviendra un précieux allié. “Je suis très naïf, je viens de la poésie, Jean-Baptiste m’a beaucoup aidé, autant dans l’écriture que dans le milieu du livre”.
En 2007, Vincent Rougier éditions publie le recueil, 100 voyages immobiles (de 36 façons). Puis c’est la toute jeune maison Alma qui publiera en 2011 son premier roman – quatre autres livres suivront. Ses romans poésie parlent de la vie avec distance, légèreté, gravité… et une forme d’universalité. Il a fait sienne la citation de l’écrivain portugais Miguel Torga : “L’universel c’est le local moins les murs”, et se plaît à évoquer sa famille littéraire : Pierre Autin-Grenier, Jean-Claude Pirotte, Antoine Choplin, Martin Page, René Frégni… et bien sûr Jean-Baptiste Gendarme. “Des auteurs qui ont un rapport au quotidien, à la réalité de la vie, mais qui nous projettent loin”.
Poète “à la mine de rien”, Thomas Vinau écrit tous les jours, “des textes courts et des livres petits”, entre roman, nouvelle et poésie. Le matin en guise de gymnastique, il alimente son carnet ouvert ( blog ) de “petits fragments du jour” ; vient ensuite le “gros morceau” sur lequel il avance petit à petit. Une écriture simple, honnête, attentive, débarrassée du superflu, qui part du minuscule et donne de l’ampleur.
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, Thomas Vinau se prête volontiers aux rencontres- lectures en librairie ou en médiathèque, mais tend à bouder les salons du livre. À quelques rares occasions, certains l’auront tout de même peut-être croisé à Cadenet (Les beaux jours de la petite édition), au Buëch (Les Journées Brautigan) ou encore à Châteauroux-les- Alpes (L’ivresse des livres).